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le 01/10/2021

Le camp de Judes à Septfonds - Le temps de la Retirada - Plan du camp de 1939.

 

le 02/10/2021

Le camp de Judes à Septfonds - Le temps de la déportation - Histoire de la famille Domb/Frydland.

 

SEPTFONDS

Site créé le 23/02/2013 par Jean-Marc Labarta

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Jean-Marc Labarta

et

Camp de Septfonds - Tarn et Garonne.

1939 1945

Un village du Bas-Quercy en Tarn-et-Garonne, ancienne bastide du XIIIème siècle.

Des vies, des histoires, un patrimoine riche... 

Témoignage de Paulette Domb 

 

Histoire de la famille Frydland / Domb : Simon (Samuel) Domb, Jacob Nathan, Chevreta Kelman, Faiga Mindla Toerman, Pinkus Yenkel, Golda Perla Goldstein, Rachel Frydland,  Max Frydland (16 ans), Antoinette Frydland (12 ans), Hermann Frydland (5 ans).

 

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Témoignage de Madame Paulette Domb, née le 25 juillet 1930 à Paris, fille de Simon (Samuel) Domb  né à Prasnysz en Pologne le 16 juin 1895 et de Faiga Mindla Toerman née à Blonsk également  en Pologne le 6 juin 1896. 


Elle est la cousine de Max Frydland (16 ans), Antoinette Frydland (12 ans), Hermann Frydland (5 ans), déportés depuis Septfonds à Auschwitz II Birkenau par le convoi 30 de Drancy du 9 septembre 1942. Leurs noms figurent sur la liste des enfants juifs déportés depuis le camp de Septfonds.

 

A l’âge de 20 ans, en 1950, après une effroyable jeunesse, Paulette Domb a émigré aux Etats-Unis avec sa mère, seuls membres de la famille ayant échappé à l’extermination. Elle vit maintenant proche de son fils à Reseda en Californie, mais les souvenirs cauchemardesques de ces années de guerre restent à jamais gravés en elle.

 

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Lettre de Paulette Domb adressée à  Jean-Marc Labarta le 25/03/2004 :

 

"C’est avec un cœur très serré, oppressé, plein d’émotion et de douleur que je vous envoi cette lettre pour vous remercier de ce que vous faites pour honorer les membres de ma famille qui ont été internés à Septfonds, déportés et assassinés.


Je regrette très sincèrement de ne pas être parmi vous pour commémorer la mémoire de ma tante Rachel, mes cousins Max, Antoinette et Hermann. Ma santé malheureusement ne me permet pas un voyage si difficile. 

 

La famille Frydman s’était expatriée depuis la Belgique à destination de Faudoas près de Beaumont de Lomagne.

 


          Notre histoire:


Je suis née à Paris et résidais dans cette ville avec mes parents. A la déclaration de la guerre mon père naturalisé Français a été mobilisé. Hélas, Pétain a ouvert la porte aux allemands. Et Hitler, dans un de ses discours a annoncé que tous les juifs seraient exterminés et que même s’il en restait quelques-uns, ils pleureraient pour le reste de leur vie. Et ça…, c’était vrai. 
         

Au retour de mon père notre naturalisation a été supprimée, même la mienne. Née à Paris, je suis devenue une étrangère. Puis un inspecteur est venu nous informer que nous avions trois jours pour faire nos paquets sinon nous serions arrêtés.

                
Je dois ajouter qu’à Paris nous avons survécu aux rafles. Souvent, je courrais au métro prévenir mon père que les Allemands arrêtaient les hommes, et pour le faire sortir à une autre station. Nous devions également porter l’étoile juive, cousue sur nos vêtements, pour être facilement reconnus pour être arrêtés.


Nous avons tout laissé. Mes parents ont payé un passeur en direction de la zone libre. Après un voyage tragique et dangereux derrière la ligne de démarcation, au risque d’être arrêtés, nous sommes arrivés à Faudoas, chez ma tante, où elle nous a appris que son mari avait été envoyé à Drancy.


Quelques jours après notre arrivée, à cinq heures du matin, les gendarmes de Beaumont de Lomagne sont venus arrêter ma tante et mes cousins. Nous n’avons plus jamais entendu parler d’eux. Il y a trois ans seulement que j’ai appris qu’ils avaient été à Septfonds, puis déportés et tués à Auschwitz.

 

Une semaine plus tard, les mêmes gendarmes nous ont arrêtés tous les trois (mon père, ma mère et moi). Transportés dans une auto, en direction d’un camp, ils nous ont fait dormir sur de la paille dans une petite chambre de prison, comme des voleurs. A notre arrivée au camp, mon père a été interrogé et il est tombé sur un bon Français, un inspecteur qui nous a relâchés lorsque mon père lui a dit qu’il avait été français, mobilisé, avait une enfant française et avait, avec ma mère, travaillé dans différentes organisations françaises.

 

De retour à Faudoas, malheureusement nous n’avions plus d’argent pour nous enfuir. Nous étions en résidence forcée et, tremblant de peur, la vie a été très difficile. Pour mon père, il était impossible de trouver du travail. Je me rappelle que le boulanger lui donnait du pain. Il était gentil. Mon père avait demandé au maire et au curé de nous cacher, mais ils ont refusé. Beaucoup de français ont caché des juifs.
         

Mon père est tombé et s’est cassé un bras. Avec ma mère, nous marchions vingt kilomètres par jour pour le voir. Avec un bras cassé, pas bien soigné, un an plus tard les gendarmes sont venus l’arrêter. Il a été envoyé près de Marseille pour le travail forcé à l’organisation Todd. Puis il a été envoyé à Drancy et déporté le quinze mai 1944, quelques mois avant la libération, dans un des pires endroits, en direction de Kaunas en Lituanie où 940 hommes ont été fusillés ou enterrés vivants. Sur 940 déportés, il n’y eut que trois survivants.


Les gendarmes nous ont laissé vivre ma mère et moi. Nous sommes restées à Faudoas jusqu’à la fin de la guerre, puis nous sommes retournées à Paris dans un appartement vide, sans famille, sans argent.
 
Toute notre famille a été tuée : mon père, sa sœur Rachel, son mari et leurs 3 enfants, le frère et le père de mon père. Ma mère avait trois frères, tous tués ainsi que leurs femmes et enfants. Nous sommes devenues presque folles de chagrin.  Ma mère voulait se tuer en essayant de se briser la tête contre le mur et moi, je pleurais car je resterai seule au monde. C’était triste.


Ma mère était couturière et a trouvé un peu de travail. Puis elle a retrouvé des cousins en Amérique qui ont eu pitié de nous et nous ont fait venir après une attente de 6 ans. Dans ce nouveau pays, cela a été aussi très difficile. Mariée pendant 12 ans et divorcée, j’ai un fils. Ma mère, ma seule amie est morte le 6 décembre 1966 après une longue maladie. Elle était devenue infirme et je m’occupais d’elle jour et nuit.

Depuis le jour ou j’ai été arrêtée, moi, une petite fille de 12 ans qui ne voulait que vivre, je n’ai plus jamais souri et je vois toujours devant moi ces horribles photos de cadavres juifs entassés les uns sur les autres.

 

Merci d’avoir écouté mon histoire".        
    
                              Paulette Domb 

 

 

 

La déportation de Septfonds des 23-24 août 1942 par le convoi de Portet - St Simon (31)

Le 19 août 1942, Vichy prévient le Préfet de Toulouse Cheneaux de Leyritz de l’imminence d’un départ en Haute Garonne.

 

Le convoi formé le 24 août 1942 en gare de Portet - Saint-Simon, proche de Toulouse fut composé de plusieurs petits convois en provenance de divers camps. Une fois réunis à la gare de Portet - Saint-Simon, les Juifs rassemblés furent déportés vers la zone occupée, à Drancy en région Parisienne.

 

C’est ainsi que, quasiment dans un même temps….

 

- Dans le Lot et Garonne, au camp de Casseneuil, 62 hommes sont conduits par la route et déportés de la gare de Penne d’Agenais le 23 août à 19 h 35 vers Portet - Saint-Simon.

 

- Dans le Tarn-et-Garonne, 85 hommes internés juifs appartenant au 302ème  Groupement de Travailleurs Étrangers du camp de Septfonds quittent la gare de Caussade le 23 août à 7 h 10. Ils sont également dirigés vers la gare de Portet - Saint-Simon.

 

- Dans les Pyrénées Atlantiques, 68 juifs rassemblés au camp de Gurs partent le 23 août à 7 h 23 de la gare d’Oloron-Sainte-Marie à destination de la gare de Portet - Saint-Simon.

 

- Dans la Haute-Garonne, 135 internés du camp de Noé rejoignent au camp du Récébédou 165 partants. Ils sont transférés à la gare de Portet - Saint-Simon, située à proximité de ces deux camps.

 

Ces quatre groupes de Casseneuil, Septfonds, Gurs et Noé/Récébédou comprennent au total 515 déportés qui sont donc réunis à la gare de Portet - Saint-Simon.

 

La préfecture, prudente, organise leur départ de nuit, le 24 août. A l’aube, le train quitte la gare...
Le convoi arrive à Drancy le 25 août. La plupart de ces Juifs sont déportés dans le camp d’extermination d’Auschwitz II Birkenau en Pologne à partir de Drancy par les convois 25 et 26 du 28 et 31 août 1942.

 

Sources : Archives Yad Vashem - C.I.R. Shoah.
Photo : JML
Document : Réponse du Préfet de Paris - délégué du Ministère de l’Intérieur en zone occupée, au Commissaire Général aux questions Juives, concernant la déportation des Juifs étrangers à destination du territoire de l’est. Le dernier paragraphe évoque les trains des 28 et 31 août 1942. Archives Yad Vashem.

Les déportés du convoi 25 du 28/08/1942, de Drancy, France à Auschwitz II – Birkenau, Pologne.

Le départ du Convoi 25, train 901-20, dont la locomotive est fournie par la SNCF, part de la gare du Bourget-Drancy, le 28 août à 8 h 55 avec à son bord 1000 Juifs entassés dans des wagons de marchandises de la Deutsche Reichsbahn. 


À la frontière, le matériel moteur est remplacé par une locomotive allemande et le personnel français par un personnel allemand.


Ce sont : 


- 280 enfants qui avaient été transférés au camp de Drancy à partir du camp de Pithiviers ;  
- 589 Juifs, en majorité des hommes, qui étaient détenus dans les Groupements de Travailleurs Etrangers, considérés comme « en surnombre dans l’économie nationale » et déportés de la zone non occupée vers Drancy le 24 août. 
- des adultes, hommes et femmes qui complètent l’effectif du convoi. Certains avaient été transférés avec leurs enfants de Pithiviers et d’autres étaient déjà internés au camp de Drancy.


Parmi ces juifs détenus dans les GTE et déportés par ce convoi 25, se trouvent 33 hommes provenant du GTE 302 de Septfonds : 15 autrichiens, 12 allemands; 2 polonais, 2 tchécoslovaques et 2 apatrides. 

 

La liste ci-dessous donne le nom, le prénom, la date de naissance, la ville de naissance et la nationalité. Pour certains une information complémentaire est donnée. Une nouvelle fois, je précise qu'il peut y avoir des erreurs d'orthographe dans l'écriture des noms, des prénoms ou des villes. C' est chose courante.


ADLER Max - 28 avril 1911 - Vienne - Autriche  
AMBOS Hans - 10 avril 1897 - Berlin - Allemagne 
BUCHBAUM Moses - 18 sept 1896 - Bochnia - Pologne 
CAHN Arno - 13 déc 1907 - Allemagne 
EINDER Léopold - 18 mars 1901 - Autriche 
EINHORN Wilhelm - 24 mars 1912 - Vienne – Autriche - Venu de Belgique
FAJNZANG Chil - 18 mai 1922 - Varsovie - Apatride 
FISCHER Maurice - 25 oct 1891 - Autriche 
GLUCK Friedrich - 18 sep 1912 - Vienne – Autriche - Venu de Belgique
HAUMBERGER Richard - 9 janv 1882 - Allemagne 
HERSKOVIC David - 6 oct 1920 - Michlovce – Tchécoslovaquie - Venu de Belgique
HEYMANN Alex - 23 mai 1896 - Berlin – Allemagne - Venu de Belgique
JAGER Ignatz - 5 déc 1922 - Vienne - Autriche - Venu de Belgique
JAGER Leiwel  - 27 mars 1890 - Autriche 
JOSEPH Arthur - 24 sept 1909 - Allemagne 
KERLINGER Ludwig - Mars 1904 - Autriche 
KLEIN Ernest - 28 mars 1901 - Vienne – Autriche - Venu de Belgique 
KOHEN Max - 31 mars 1896 - Cologne – Allmagne - Venu de Belgique
KRAUSS Joseph - 11 oct 1902 - Tchécoslovaquie  
LAST David - 29 août 1898 - Tarnobzeg – Autriche - Venu de Belgique
MARCUS Kurt - 21 sept 1906 - Breslau – Allemagne - Venu de Belgique
MARMORSTEIN Julius - 28 sept 1900 - Offenbach – Allemagne - Venu de Belgique
NEUBERG Max - 29 avril 1892 - Brême - Allemagne 
PORTNOY Ernst - 1 oct 1908 - Vienne – Autriche - Venu de Belgique
ROSENSTIEL Max - 14 juin 1884 - Zyesar - Allemagne 
SALINGER Hermann - 3 avril 1903 – Charlottenburg – Allemagne - Venu de Belgique
SONNENSCHEIN Fréderic - 15 déc 1917 - Vienne - Autriche 
SPECHTER Benno - 29 avril 1891 - Autriche 
STENBERG Jacob - 27 déc 1881 - Sniatyn – Autriche - Venu de Belgique
STRAUSS Leo - 14 sept 1902 - Mannheim - Allemagne 
TEITELBAUM Uscher - 29 avril 1910 - Nowy-Saez -  Pologne - Venu de Belgique
WILHEIM Arthur - 2 avril 1891 - Apatride 
WUHL Leisor - 1 juil 1900 - Autriche 


À l’arrivée du convoi 25 à Auschwitz le 31 août, seules 71 femmes furent sélectionnées pour des travaux forcés. Elles sont tatouées des numéros 18749 à 18819. Les autres déportés sont gazés dès leur arrivée au camp. Selon l’historien Serge Klarsfeld, on dénombrait 8 rescapés de ce convoi en 1945.


Sources : Archives Yad Vashem - C.I.R. Shoah. Musée de la résistance et Archives Départementales de Montauban.

Caussade - Juste parmi les nations 

René Béssède

Rafle imminente !


Le 21 juin 1943, un détachement de la Gestapo se présente à la mairie de Caussade et trouve René Bessède, employé municipal, garde champêtre, gardien de la mairie. L’interprète accompagnant les Allemands lui intima l’ordre d’aller chercher le maire, ajoutant quelques remarques selon lesquelles celui-ci serait chargé de rassembler dix familles de réfugiés juifs habitant la localité. 


René Bessède sait alors que le maire Charles D., maire de  novembre 1942 à août 1944, collaborateur notoire, s’exécutera...
Alors il se changea rapidement, et, habillé en jardinier, poussant une brouette, chargée d’une pelle et d’un râteau, avec l'aide de Paulette Talbot, la fille de la mercière dont la boutique se trouvait à proximité de la mairie, il se précipita de maison en maison, avertissant les Juifs de s’enfuir. 


Le rapport du commandant de la brigade de Caussade daté du 22 juin 1943, à propos de l’opération de police par la police allemande du 21 juin précise : "La police a opéré des recherches et perquisitions dans 6 maisons, à savoir : chez les nommés Bouel, Lazare, Chalon, Michel, Frant et à l'Hôtel Larroque près de la gare. Ces recherches sont demeurées infructueuses." Grâce à son courage et aux avertissements qu’il leur avait données, dix familles juives avaient échappé aux griffes de la Gestapo et à la déportation vers les camps de la mort. 


On lui attribue le sauvetage de M. Schule André, Mme Roos (née Schule) Eliane, Mme Bloch (née Michel) Alice, Mme Biezunski (née Michel) Monique, Mme Michel-Lévy Denise, Mme Schule-Lévy Colette, M. Michel Jean, M. Michel André, M. Michel Gaston, Mme Feinermann (née Michel) Francine, Mme Malamet (née Michel) Nicole, Mme Schule Lucie, M. Schule Albert, M. Schule Gilbert, Mme Weiller (née Michel) Marguerite.


Pour cela, le 26 octobre 1989, Yad Vashem a décerné à René Bessède, né le 09 février 1902 et décédé le 28 mars 1965, le titre de « Juste parmi les Nations ». Cette plaque (photo) a été apposée sous la Halle de la Mairie de Caussade et découverte lors d'une cérémonie en décembre 1990.


N'oublions pas, sinon "Pour sûr, tout reviendra un jour !".


Sources : 
Yad Vashem 
Anonymes, Justes et Persécutés durant la période Nazie 
Rapport de gendarmerie de Caussade du 22 juin 1943.

St Antonin - Justes parmi les nations

Alice et Armand Fraysse

L’histoire est ainsi faite que les choses sont oubliées après que le flambeau se soit éteint, car, à un moment donné, personne n’a été là pour le maintenir allumé. Il suffit pourtant d’une étincelle pour que cette flamme reprenne vie… 


La transmission de la mémoire est une belle expression qui n’a de sens que si elle est suivie d'une attention permanente.  


Souvenons-nous…


Armand et Alice Fraysse étaient un couple sans enfants. Jusqu’à la guerre, ils tenaient une auberge de jeunesse à Saint-Antonin-Noble-Val. Puis, durant l’occupation, ils ont dû fermer l’auberge et ont travaillé dans des fermes pour gagner leur vie. 


En 1943, ils emmènent chez eux Jacques Bronstein, six ans, fils d’immigrants juifs de Pologne. Les Bronstein avaient fui Rouen, occupée par les Allemands, et s’étaient cachés à Carcassonne. Ils ont placé leur fils chez les Fraysse pour sa sécurité. Dans son témoignage après la guerre, Jacques Bronstein a parlé avec émotion de la gentillesse du couple Fraysse, qu’il a appris à appeler Tonton et Tantine : « Tantine m’a dit avec une douceur angélique que je n’avais rien à craindre et qu’elle ferait tout pour que je me sente comme l’un des membres de la famille avec eux. » 
Les villageois, quant à eux, ont toujours pensé qu’il s’agissait de leur neveu. Néanmoins, certains voisins commencèrent à avoir des doutes… des soupçons et dirent à Mme Fraysse « qu’elle était folle de cacher un petit Juif dans sa maison ». 


C’étaient les heures sombres de notre pays et par là même de nos villages. N’oublions pas que, début juin 1943, une rafle avait lieu à la Brasserie à Saint Antonin. 13 Juifs furent arrêtés et déportés, sans retour, de Drancy à Auschwitz.


60 autres Juifs, assignés à résidence, furent avertis à temps par le maire résistant du village, Paul Benet (élu le 3 mai 1925 jusqu’au 3 août 1958) et disparurent dans la nature ainsi qu'en atteste une lettre du Préfet du Tarn-et-Garonne.


Au début de l’été 1944, une force blindée de la division allemande Das Reich, présente un moment dans toute notre région, occupa le village. Les Allemands logeaient à l’école locale et menèrent des recherches contre les Juifs du secteur, mais aussi contre les groupes de résistance et les communistes. Malgré le danger accru, les Fraysse continuèrent à cacher le jeune Bronstein. Le dimanche, ils l’emmenaient au temple protestant. Il en conserva des souvenirs nostalgiques. La nuit, Alice lui lisait des passages de la Bible, insistant sur le fait que c’était l’histoire de son peuple.


Jacques Bronstein resta en contact avec les Fraysse après l’occupation. Il rendit visite à Armand peu avant sa mort et correspondit avec Alice. Après s’être installé en Israël, il voulu lui envoyer un billet pour qu’elle puisse venir le voir mais la vieille femme, trop âgée et qui n’avait jamais quitté son village, déclina l’invitation non sans regret et une profonde émotion. 
Jacques Bronstein a fait un pèlerinage à Saint Antonin, en 2000, et a fait placer une plaque sur la tombe du couple. La ville, quant à elle, a placé une autre plaque sur leur maison. 


Le 22 décembre 1997, Yad Vashem a reconnu Armand et Alice Fraysse comme justes parmi les nations.
Si vous voulez leur rendre visite, vous trouverez leur tombe à St Antonin Noble Val dans le cimetière protestant.


Sources :
- Yad Vashem : The Righteous Among the Nations Database. 
- A.J.P.N.
Photos : Yad Vashem .