SEPTFONDS

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20/01/2022 : Page "Au fil du temps..." - Le monument aux morts de Septfonds..  

Un village du Bas-Quercy en Tarn-et-Garonne, ancienne bastide du XIIIème siècle.

Des vies, des histoires, un patrimoine riche... 

Septfonds Actualité

Tarn et Garonne

 

 

 

 

Perrette Pétronille Gleye est née le 28 février 1770 dans la paroisse de St Martin de Sesquières, commune de Caussade dans le département du Tarn-et-Garonne. Elle est la fille de Jean Gleye et de Catherine Savi. Elle eut une sœur, Françoise.

 

Le 3 juillet 1787 à l’âge de 17 ans, elle épousa Jean Cantecor né le 8 juillet 1754, en l’église de St Martin de Sesquières, et deviendra Pétronille Cantecor, nom sous lequel elle marquera l’histoire de la chapellerie. Ensemble, ils eurent 12 enfants.

 

Après le décès de Jean le 29 décembre 1815 à l’âge de 61 ans, elle épousa en secondes noces le 14 août 1818 François Louis Flavien Vaïsse né le 9 avril 1767. Ils n’eurent pas d’enfant commun.  

 

Elle décède le 25 décembre 1846 à Septfonds où elle sera inhumée dans le cimetière communal. Sa tombe fait toujours l’objet d’un entretien régulier.

 

Un remarquable travail généalogique a été fait ces dernières années par Alexandra Bournel. 2972 individus figurent sur son arbre. . 

 

Pétronille Cantecor, la bergère.

La manufacture de chapeaux de J.F. Bosc Fils Ainé.

Elle est toujours là, à l’angle du Cours Sadi Carnot et du Boulevard des Mourgues, avec ses bâtiments toujours aussi imposants. 


Certes, ces dernières décennies, elle a subi des transformations après l’arrêt définitif de son activité et sa vente, mais elle garde toujours son âme. 


Et à propos de vente, peu de personnes se rappellent maintenant qu’elle aurait pu faire une formidable maison de retraite au cœur du village, comme certains à Septfonds et dans le Département l’envisageaient à la fin des années 1980. Mais hélas, pour des raisons qui parfois échappent, disons-le ainsi... le projet s’est déporté vers l’extérieur du bourg…   


C’est sur l’entête d’une facture de la manufacture de chapeaux de paille J.F. Bosc Fils Ainé qu’elle est représentée ainsi. Une facture datant de juin 1910 et signée Léopold Bosc, le successeur de J.F. Toutefois, reconnaissons tout de même que cet entête, comme tous les entêtes, a tendance à embellir cet ensemble et à le présenter plus spacieux qu'il ne l'est en réalité, même s'il reste dans des proportions exceptionnelles.


Il est ainsi possible d’imaginer cette manufacture telle qu’elle était à l’époque, grouillante d'activité, avec, à l’intérieur de la cour, sa passerelle fermée si caractéristique, sa cheminée aujourd’hui réduite environ de moitié car elle menaçait de s’écrouler, et ses bâtiments imposants à plusieurs étages. 


Un ensemble massif qui occupe tout un ilot carré de l’ancienne bastide, dans la partie nord du village et qui démontre bien toute l’importance de l’activité chapelière fin XIXème, début XXème siècle. 


Photo : collection JML

La secrétaire de la manufacture Déramond-Cadet.

Nous parlons toujours des métiers de la fabrication du chapeau dans nos contrées, et curieusement nous ne parlons jamais de la partie administrative du fonctionnement des manufactures. Pourtant, de tous temps, l’un n’a jamais fonctionné sans l’autre, tout comme, de tous temps, il n'a pu y avoir d’employés sans qu’il n’y ait d’employeurs.


Donc, pour la première fois, je vais publier un extrait d’un témoignage recueilli il y a quelques années. Témoignage d’une secrétaire photographiée (rare) devant sa machine, dans son bureau au matériel minimaliste, à la chaise qui permet une position bien droite, bien en face de la machine à écrire, ce que préconisent actuellement tous les médecins du travail…

 

En 1951, elle obtient son premier emploi dans cette manufacture. 65 ans après, elle se souvient….

 

« Après avoir appris la dactylo et la sténo à l’école Pigier de Montauban, j’ai eu mon premier travail de secrétaire à la manufacture Déramond-Cadet, située à l’angle de la rue de la République et la rue de Strasbourg. J’étais seule pour m’occuper surtout de l’envoi des factures au quatre coins du monde. Car à l’époque les expéditions étaient mondiales et il y avait beaucoup de travail. Je travaillais avec le comptable, Rafael Torrero, qui avait été réfugié au camp de Septfonds en 1939.


Il y avait un énorme travail car il y avait à l’époque énormément d’expéditions dans les colonies. Les chapeaux de paille étaient expédiés de chez nous dans toutes les colonies : l’A.O.F. (Afrique Occidentale Française : Sénégal, Côte d’ Ivoire, Guinée, Mauritanie, Niger, Soudan…), l’A.E.F : (Afrique Equatoriale Française : Gabon, Congo, République Centrafricaine actuelle, Tchad, Cameroun.), mais aussi en Asie du sud-est : Cambodge, Laos, Cochinchine (Sud du Vietnam actuel), Tonkin (Nord du Vietnam), Annan, Royaume de Siam (Thaïlande actuelle). On expédiait également dans tout le Maghreb, à Madagascar, La réunion et aux Antilles.


Bref, partout où la France avait un intérêt, où il faisait chaud et où le soleil brillait !


Les expéditions se faisaient depuis la gare de Borredon !!!
Pourquoi Borredon ???


Ça, c’était la guéguerre Caussade - Septfonds qui continuait depuis des décennies. Toute cette guéguerre remonte en fait à l’époque où il y a eu la ligne de chemin de fer Paris – Toulouse. A l’époque les chapeliers de Septfonds avaient demandé à ce que la ligne passe par Septfonds, car l’industrie du chapeau était bien plus importante que celle de Caussade. Mais en définitive c’est Caussade qui a été desservi au grand désespoir de la ville de Septfonds. Du coup, nos chapeliers, certainement vexés, en colère, ont décidé d’expédier de Borredon et ont longtemps "boudé" Caussade ».

 

Il est intéressant de noter que cette "bouderie" s' est transmise de génération en génération. Et comme dans les histoires de familles Corses (dans lesquelles il ne faut surtout pas s' immiscer), l' essentiel est de perpétuer la tradition, même si les origines de la brouille se sont perdues avec le temps. Donc Septfonds-Caussade, que ce soit version chapeau, rugby ou municipalité, l' essentiel est de conserver le mythe et de perpétuer la tradition !!!

 

Photo: Huguette Guiral : secrétaire sténodactylo à la manufacture de chapeau de paille Déramond-Cadet - 1951. Collection privée
Témoignage: recueilli par JML en 2015. Modèle déposé.

La fileuse de Chanvre

Voici l’original d’une carte postale qui a voyagé depuis Septfonds en octobre 1905 comme en témoigne le caché de La Poste. Carte en parfait état, éditée par le célèbre photographe de Montauban Achille Bouïs, qui fut également conservateur du Musée Ingres de 1889 jusqu'à sa mort en 1914.


Achille Bouïs avait réalisé, entre autre, une belle série de photos portant sur les vêtements typiques du Tarn et Garonne et du Bas-Quercy en particulier, et sur les diverses coiffes aussi bien féminines que masculines.


Le chanvre n’est pas vraiment une spécialité du bassin chapelier Caussade - Septfonds, mais le chapeau de paille posé aux pieds de la dame pourrait bien provenir de nos manufactures locales. 
Dans la plus pure tradition de la fabrication locale, ce modèle se compose d’un large bord fait pour protéger d’avantage du soleil durant les travaux des champs par exemple. Il est fait de paille tressée et cousue. Son galon noir, qui, d’ordinaire entoure uniquement le bas du montant, retombe sur les côtés. Il faut imaginer que ce ruban est assez long pour pouvoir être noué sous le cou afin de bien tenir le chapeau sur la tête. 


Quant à la coiffe blanche unie, qui tranche avec le sombre des vêtements, il s’agit là d’un des multiples modèles de coiffes portées partout en France mais avec des variantes régionales voir locales et même familiales au niveau de la fabrication et de l’ esthétisme. Ces coiffes étaient portées tous les jours à la maison, ou bien pour les grandes occasions. Mais il y avait toujours des normes bien observées : la coiffe devait enfermer toute la chevelure, serrée en chignon ou en tresses, ne laissant parfois apparaître, sur le front, que la naissance d’une raie médiane. 


Et il ne faut pas oublier que seules les femmes « dévergondées » sortaient « en cheveux », et qu’il fallait une grande intimité familiale pour que la femme montre sa chevelure !!! ...Voici l'
original d' un devis adressé à Mr Colle, Le Val d' Ajol, village des Vosges, daté du 11 novembre 1902.

 

La manufacture Fortuné Cantecor

Voici l' original d' un devis adressé à Mr Colle, Le Val d' Ajol, village des Vosges, daté du 11 novembre 1902.


Pour la petite histoire, il est noté sur le devis que celui-ci est adressé à Mr Colle suite au passage du voyageur de commerce de la Manufacture Fortuné Cantecor : Mr Bounhol.


- Fortuné Cantecor, né le 9 octobre 1821 à Septfonds, décédé le 8 mai 1890, inhumé dans le cimetière communal.


-- Fils de Guillaume Cantecor, né le 20 décembre 1796 à Septfonds et de Anne Blanc, née le 21 juin 1795 à Toulouse, marchands de chapeaux de paille .


--- Petit fils de Jean Cantecor, cultivateur, né le 8 juillet 1754 à Septfonds et de Perrette Pétronille Cantecor-Gleye, dite "Pétronille Cantecor", née le 28 février 1770 à Saint Martin de Sesquières - Caussade, bergère et marchande de chapeaux, créatrice du chapeau de paille de Septfonds.


Fortuné Cantecor succéda à sa grand mère Pétronille à la tête de la manufacture familiale de chapeaux de paille. Il fit construire la plus imposante usine de Septfonds dont le bâtiment est toujours existant. Il fut l' un des précurseurs dans l' installation de machines à vapeur. En 1896, la maison Cantecor produisait 5000 chapeaux par jour.


PS; il est intéressant de noter que, 12 ans après son décès, la manufacture s' appelait toujours "Fortuné Cantecor". Le devis ici présent en atteste.

Mais où est la capitale du chapaeu ?

Il n’y a pas de preuve concernant l’utilisation du chapeau à l’ère préhistorique, par contre le port de celui-ci remonte bien à l’antiquité. On peut citer le « pétase » grec, chapeau rond de feutre ou de paille, à bord large, souple et plat, avec un cordon noué sous le menton ou derrière la tête pour le maintenir en place. 


Souvenons-nous aussi du « pilos » (le pileus ou pilleum, appelé pilos par les Grecs), bonnet en feutre qui, dans la Rome antique, coiffait les esclaves romains affranchis pour affirmer leur liberté. Les femmes grecques elles, préféraient porter la « tholia », chapeau de paille rond à larges bords relevé en pointe en son centre.


Au Moyen Âge, selon Philippe Le Bas, leur usage est attesté dès le règne de Charles VI, où les chapeaux fréquemment portés à la campagne sont adoptés à la ville « mais seulement les jours de pluie ». On sait également que Charles VII, pour son entrée dans Rouen en 1449, portait un chapeau de castor. Louis XI, quant à lui, est fréquemment représenté avec son chapeau orné d'enseignes.


Plus tard, dans son « Thresor de la langue françoyse », paru en 1606, Jean Nicot cite « un chapeau ou bonnet à couvrir la teste : Pileus, vel Pileum, Petasus;  un chapeau contre le hasle du Soleil : Causia, Vmbella; un chapeau fait d'espis de bled : Corona spicea; un chapeau de fleurs, ou Bouquet, Sertum, Strophium; un chapeau de fleurs entrelacées et entassées, Pactilis corona ».


Marqueur social, il s'agit d'un accessoire essentiellement masculin, les femmes portant plutôt des voiles, des foulards ou des bonnets qui peuvent cependant atteindre des proportions extravagantes, tels les hennins, ces coiffes coniques en forme de pain de sucre. Le port d'un chapeau par la femme était alors considéré comme frivole, à l'exception de son utilisation lors d’un voyage. C'est finalement au XVème siècle qu’elles s'approprient le chapeau, imitant ainsi les courtisans mâles.


Évoluant au gré des modes, il continue à être utilisé, même si au XVIIIème siècle, en raison des volumineuses perruques, les hommes portent au bras leur bicorne.


En France son usage est petit à petit réservé aux femmes, avant qu'au XVIII ème siècle, les dames de la cour arborent les créations de leurs marchandes de modes.


Le chapeau continue alors d'être porté par les deux sexes jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui, il n'est quasiment plus qu'un accessoire de mode, porté lors d'occasions spéciales (mariage, enterrement) ou pour se protéger des éléments (pluie, soleil).


Il  y a eu des bassins de chapellerie un peu partout en France, en Europe et dans le monde.


En France, hormis le bassin Septfonds-Caussade, on peut citer la région de la haute vallée de l’Aude à Espéraza, la région de Chazelles-sur-Lyon dans la Loire dont l’industrie chapelière doit remonter au XVIème siècle. Mais la liste est loin de s’arrêter là…


En Italie, le chapeau de paille acquiert ses premières lettres de noblesse dès le XVIe siècle. Les cours princières se l'arrachent. Des milliers de personnes vivaient alors du commerce de la paille, et du chapeau de paille, dans les régions de Florence, Signa et Fiesole. Le succès est tel qu'il traverse même l'Atlantique jusqu'aux Etats-Unis.


En Suisse, la région de Wohlen s’enorgueillit en déclarant : « Dans aucun autre endroit du monde, de si beaux chapeaux n'ont été fabriqués au XIXe siècle comme ceux de cette contrée d'Argovie. La paille, matériau pourtant modeste a été la base d’une industrie florissante pendant près de deux siècles. Ce qui avait commencé comme un travail à domicile a progressivement évolué en une industrie d’exportation des tresses à chapeaux ».


En Angleterre, la ville Luton dans le comté de Bedfordshire, revendique le titre de centre historique de l’industrie du chapeau au Royaume Uni avec aujourd’hui des noms toujours aussi réputés tel Olney qui a été le dernier fabricant de canotiers en Angleterre. En 1935, Maurice Chevalier, star de cinéma et client fidèle d’Olney Headwear, qui ne se séparait jamais de son canotier, est allé jusqu’à Luton visiter son fabricant. Pour lui seul Olney fait « un canotier qui est toujours un canotier ». 


Alors !!! le canotier Septfontois du cher Maurice ? Qu’en est-il ?


En Belgique, à Rocklenge, village au bord du Geer, rivière qui trouve sa source dans la région de Hesbay (à l'ouest de Liège) et se jette dans la Meuse à proximité de Maastricht, comme dans un certain nombre d'autres villages, la production de chapeaux de paille s'est fortement développée à la fin du dix-huitième siècle. Le succès fut tel que les fabricants originaires de cette petite région rurale se mirent à ouvrir des boutiques et à monopoliser ce commerce non seulement dans les villes belges mais aussi à Paris et dans la plupart des villes hollandaises.


Ne cherchez pas une capitale mondiale du chapeau. Vous ne trouverez qu’un nombre important de villes, de régions et de pays, qui ont eu ou qui ont encore une activité chapelière importante leur permettant de revendiquer ce titre.


Alors France, Italie, Belgique, Angleterre, et on n’évoque pas les multiples pays d’Asie ou d’Amérique Latine qui produisent depuis longtemps des chapeaux… Chazelles Sur Lyon, Esperaza, Caussade, Septfonds et bien d’autres… Où se situe la capitale du chapeau ? Personne n’a finalement le droit de se l’approprier… ou tout le monde !!! Et surtout, grâce à un chauvinisme bien traditionnel, chacun continuera à avoir sa vérité pendant encore bien des décennies.
JML

Le commerce avec l' Angleterre

Etude autour d' une carte postale achetée dernièrement...

 

Cette carte datée du 1er février 1895, expédiée par Ernest William Hart (1859-1913), spécialiste de la teinture des tresses de paille sur Windmill Road à Luton (Angleterre), témoigne de l’importance prise à Septfonds par l’importation de la paille venue d’extrême Orient, mais qui passait, en cette fin du XIXè siècle, en majeure partie et inévitablement par le marché anglais de Luton. 

 

Un témoignage précédant, sur le même thème, fait référence à l’exportation de paille de Suisse.  

 

A la fin du XIXè siècle, dans sa pleine expansion, l’industrie anglaise de la chapellerie était principalement centrée au nord de Londres, à Luton. La ville de Luton, dans l’ancien comté du Bedfordshire est devenue une autorité unitaire indépendante en 1997. Historiquement, l’activité chapelière s’y composait de deux métiers distincts : le commerce du chapeau de paille et le commerce du feutre.

 

Au début des années 1800, les guerres napoléoniennes ont bloqué les importations de nattes de paille et de chapeaux du continent. Ainsi les hommes d’affaires et les femmes de Luton ont mis en place des usines pour fournir les marchés locaux et nationaux avec des chapeaux de paille. En conséquence, la ville s’est développée de manière significative en taille et en population à partir du milieu des années 1800. Entre le milieu du XIXe et le milieu du XXe siècle, l’industrie du chapeau a tellement dominé la ville que la fabrication britannique du chapeau est devenue synonyme de Luton. 

 

Le Wardown Park Museum, anciennement le Luton Museum and Art Gallery, situé dans un grand manoir Victorien à Wardown Park, à la périphérie du centre-ville, possède de belles collections sur l’artisanat traditionnel du Bedfordshire, notamment sur la fabrication de chapeaux. La collection « Women’s Hat Industry » comprend plus de 600 chapeaux. 

Une autre preuve de l’importance que revêt cette industrie dans la ville : les footballers du « Luton Town Football Club »,  club professionnel fondé en 1885, sont surnommés encore de nos jours les « Hatters », signifiant chapeliers en anglais, en référence à cette industrie, symbole de Luton depuis le XVIIe siècle. 

 

La carte est adressée à la manufacture F. (Fortuné) Cantecor*, petit-fils de Pétronille Cantecor, rappelons-le. Elle a été envoyée depuis Luton par E. W. Hart qui dit : « J’ai l’honneur de vous informer que j’ai reçu pour votre compte de Mr Hucklesby (.) de notre ville, 11 balles de tresse de paille marque :… ». S’en suivent  des explications techniques que, personnellement, je découvre pour la première fois. L’auteur de la carte poursuit en disant qu’il garde ces balles à la disposition de F. Cantecor. Des échantillons sont transmis par La Poste. 

 

Mr Hucklesby, prénommé Asher John était né en 1844. Homme d’affaires anglais qui fut maire à cinq reprises de Luton, entre 1892 et 1906, c’était un important fabricant de chapeaux connu comme le "roi du chapeau de paille."

 

Fils d’un épicier de Stopsley, il eut des débuts modestes. Il a commencé à travailler pour le fabricant de chapeaux C.J. Rosson à l’âge de 13 ans. Quand il a créé sa propre entreprise, il a connu un succès immédiat. En 1880, il acheta des bâtiments et construisit un grand entrepôt aujourd’hui démoli. Son entreprise est devenue l’entreprise de fabrication de chapeaux la plus prospère de Luton au XIXe siècle.

 

En plus de ses fonctions dans son entreprise florissante, Hucklesby trouva aussi le temps de servir comme juge de paix et fut actif dans l’église locale. Désireux d’éduquer les gens de Luton, il est à l’ origine de la présence de l’Université du Bedfordshire à Luton.

 

Avec le conseiller municipal Edwin Oakley, Hucklesby acheta le domaine qui devint Wardown Park, le lieu où se trouve le musée.

 

À sa mort en 1908, il reçu des funérailles les plus grandes jamais vues dans la ville, et des centaines de personnes se pressèrent le long de la route menant au cimetière de Rothesay Road. 

 

* Fortuné Cantecor est décédé le 8 mai 1890. Toutefois la "Manufacture Fortuné Cantecor" continua sous ce nom au moins jusqu’ en 1902 puisqu’ une facture retrouvée à l’entête « Fortuné Cantecor » est datée du 11 novembre 1902 et atteste donc de cette continuité.

 

Industrie du chapeau de paille 1900 - photo 2 - Le berger tresseur de paille.

Certes bien connue dans la région, cette carte postale achetée il y a quelques temps, a le mérite d’être datée de Septembre 1903, "le cachet de la poste faisant foi" ! Elle est en parfait état.

 
Ce berger a inspiré le talentueux peintre espagnol Salvador Soria exilé à Septfonds, qui a reproduit le personnage sur un tableau peint en 1939 et, depuis, toujours exposé  à la mairie. Vous le reconnaissez... ? 


Le tableau représente trois personnages travaillant à la confection d’un chapeau de paille. Trois étapes principales sont ainsi mises en évidence: le tri de la paille, le tressage et la couture. Comme l’indique la légende de notre carte, le berger est en train de tresser la paille. A regarder de près, il serre un paquet de brins de paille sous son bras droit. Dessous, la paille tressée est encore "ébouriffée". Toute une technique et un savoir faire qui se transmet encore de nos jours.


On peut imaginer cette photo comme étant la version masculine de l’image que l’on se fait de la pionnière Pétronille Cantecor, celle qui tressait la paille en gardant ses moutons, celle qui serait la créatrice des premiers chapeaux de paille et l'initiatrice des premières manufactures...du moins localement. 


Quant  à la carte postale qui a voyagé… qui est cet Arthur qui semble donner rendez-vous à Louise dimanche, comme indiqué au dos ? Nous n’en saurons pas plus ...!

Industrie du chapeau de paille 1900 - photo 3 - Les Tresseuses et marchandes de tresses.

Un original de cette carte postale qui a voyagé en 1903, comme en témoigne le cachet et le timbre de la poste qui fut commercialisé à partir du 4 décembre 1900 et retiré de la vente en 1905. On y remarque que la trilogie républicaine "Liberté - Egalité - Fraternité" y est symbolisée par les ailes de la femme, par la balance de la justice et par les angelots qui s'embrassent.

 

Une carte postale d'une série de la même période, peut-être même de fin 1800, des éditions Labouche Frères à Toulouse éditée sur le thème de "L’industrie du chapeau de paille à Septfonds". Il s' agit là d' un groupe de tresseuses et de marchandes de tresses de paille.

 

Déjà en 1830, un manuel destiné aux fabricants de chapeau donnait une explication détaillée et très technique des procédures. Voilà ce qui était dit:

"Les pailles destinées à la fabrication des chapeaux doivent être tressées et la grosseur des tresses est relative à la grosseur des brins des pailles, ce qui influe sur la qualité recherchée pour le chapeau. Ainsi on distingue les chapeaux « fins » des chapeaux « grossiers ».

Pour les chapeaux de paille « très fins », la division en deux ou quatre brins de chaque tuyau de paille au moyen d’un canif s’avère insuffisante.

 

Comme cette division doit être encore plus grande, on emploi un moyen aussi simple qu' ingénieux. Il consiste à fixer des aiguilles à broder à égale distance les une des autres et sur une même ligne.

Pour cela on implante les têtes dans de la résine ; ces aiguilles ainsi disposées forment une sorte de peigne sur lequel on place l’extrémité du brin de paille humide et préalablement fendu sur toute sa longueur. Puis, en tirant ce ruban de paille aplati jusqu’à l’autre extrémité, on le divise en autant de petits rubans qu’il y a d’épingles. Enfin, on assortit ces brins de paille suivant leur longueur et largeur et on les emploie suivant les divers degrés de beauté du chapeau".

 

C’était principalement les femmes qui faisaient les tresses avec les pailles ainsi préparées et humides. L’humidité maintient la souplesse de la paille. C’est pour cela que les ouvrières devaient avoir les doigts toujours humides afin de conserver une certaine flexibilité à la paille, en s’opposant à son dessèchement.

 

Il fallait ensuite une bonne dextérité pour bien « recorder » les brins de paille et surtout pour les tresser d’une manière égale et serrée de manière à ce que les tresses soient unies et point bosselées sur les côtés.

 

Dès qu’on a fabriqué une quantité de ces suffisantes tresses et qu’on leur a donné une longueur et une largeur suffisante suivant la qualité du chapeau recherchée, elles passent dans un autre atelier : celui de la couture. Mais ça, c’est un autre métier…

 

Sur notre photo, le groupe de tresseuses, semble préparer des tresses « grossières ». Certaines de ces dames tressent debout, pour les besoins de la photo certainement, les brins de paille bien visibles et la partie tressée encore « ébouriffée », tandis que d’autres portent sous un bras des paquets de tresses débarrassées des extrémités des brins de paille qui dépassent. Ces tresses sont ainsi prêtes pour être cousues.

Industrie du chapeau de paille 1900 - photo 5 - Les acheteurs de tresses.

Carte postale des éditions Labouche Frères à Toulouse, qui a voyagé au début des années 1900, comme en témoignent, au dos, le cachet et le timbre de la poste.

 

Les manufactures fabriquaient les chapeaux, mais la matière première, la paille tressée, s’achetait le plus souvent dans les villages alentours. Ainsi, les tresses fabriquées à domicile étaient vendues lors de rencontres organisées pour cette occasion, mais aussi lors de marchés. 

 

Les acheteurs de tresses, commerciaux des temps anciens, parcouraient les villages et les campagnes en voitures hippomobiles telles que celle-ci, tirées par un ou plusieurs chevaux. 

 

C’était le principal moyen de transport jusqu'au xxe siècle. Ces voitures hippomobiles offraient une grande diversité d’utilisation : diligence ou coche de voyage, malle-poste du courrier et des dépêches, cab urbain, charrette des campagnes... C’est cette dernière utilisation qui permettait aux acheteurs de faire leurs achats en utilisant l’arrière du véhicule que l’on débâchait pour l’occasion afin d’effectuer les transactions.  

 

Mais très vite, le marché du chapeau prenant de l’ampleur, la production locale de tresses s’avéra vite insuffisante. Vint alors l’ère du commerce avec les pays étrangers, en même temps que l’arrivée progressive de l’automobile, et par là même la disparition progressive de l’hippomobile. 

La grande famille de la manufacture Gaillard - 1

La grande famille de la manufacture Gaillard dans les années 1900. Ouvrières, ouvriers, commerciaux, secrétaires et patrons semblent se mélanger pour l' occasion de la photo.

Comme un air de Germinal à la Septfontoise...

 

La dame à la chevelure presque blonde, au premier rang, sous le monsieur en costume, cravate et fine moustache, c’est mon arrière grand-mère, Félicité Déjean, née le 22 novembre 1868 au lieu dit Burg à Caylus. 

 

Photos : tirées de la boite à souvenir d' une famille de Septfonds. Non datée précisément.

La grande famille de la manufacture Gaillard - 2

La jeune fille en bas à droite s’appelle Albertine Guiral. Elle était la sœur de mon grand-père Albert, coiffeur à Septfonds. Albertine n’aura vécu que 22 ans. Elle était née le 24 août 1896 à Septfonds et est décédée le 11 novembre 1918,  jour de l’armistice, dans la maison familiale du quartier de Thoumassou à Septfonds.


Elle fut, hélas, l’une des innombrables victimes de la grippe dite « espagnole ».


Sur sa droite, la chevelure presque blonde, c’est sa mère, mon arrière grand-mère, Félicité Déjean, née le 22 novembre 1868 au lieu dit Burg à Caylus.


Toutes deux travaillaient à la manufacture Gaillard. Ce jour là, elles posaient avec le groupe d’ouvrières.

 
La photo ne peut être datée avec précision, mais, compte tenu de l’année de décès de la jeune Albertine, nous savons qu’elle est antérieure à 1918.

 

Photos : tirées de la boite à souvenir familiale Non datée précisément.