Site créé le 23/02/2013 par Jean-Marc Labarta :  jmlabarta@orange.fr

Facebook : Jean-Marc Labarta et Camp de Septfonds - Tarn et Garonne. 1939 1945

 

Dernières publications - mises à jour : 

19/05/2022 : Page "Dieudonné Costes". 

17/05/2022 : Page "L'album photos de Septfonds". 

02/08/2022 : Page "Le camp de Judes - Témoignages" : Léo Bretholz.

 

SEPTFONDS

Un village du Bas-Quercy en Tarn-et-Garonne, ancienne bastide du XIIIème siècle.

Des vies, des histoires, un patrimoine riche... 

Tarn et Garonne

 

 

 

 

Perrette Pétronille Gleye est née le 28 février 1770 dans la paroisse de St Martin de Sesquières, commune de Caussade dans le département du Tarn-et-Garonne. Elle est la fille de Jean Gleye et de Catherine Savi. Elle eut une sœur, Françoise.

 

Le 3 juillet 1787 à l’âge de 17 ans, elle épousa Jean Cantecor né le 8 juillet 1754, en l’église de St Martin de Sesquières, et deviendra Pétronille Cantecor, nom sous lequel elle marquera l’histoire de la chapellerie. Ensemble, ils eurent 12 enfants.

 

Après le décès de Jean le 29 décembre 1815 à l’âge de 61 ans, elle épousa en secondes noces le 14 août 1818 François Louis Flavien Vaïsse né le 9 avril 1767. Ils n’eurent pas d’enfant commun.  

 

Elle décède le 25 décembre 1846 à Septfonds où elle sera inhumée dans le cimetière communal. Sa tombe fait toujours l’objet d’un entretien régulier.

 

Un remarquable travail généalogique a été fait ces dernières années par Alexandra Bournel. 2972 individus figurent sur son arbre. . 

 

Pétronille Cantecor, la bergère.

Emilio Labarta, immigré espagnol devenu chauffeur.

 10 ans après son arrivée en France en 1914, il obtient le permis de conduire et devient le chaufeur de Mr Astoul-Bosc, chapelier de Septfonds.
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Emilio Labarta Sarras vivait en Aragon, à Estallo, petit village de la « provincia de Huesca ». Il était né le 6 janvier 1896 dans une famille de 7 enfants et passait une enfance heureuse mais difficile dans ce petit village situé dans les premiers contreforts des Pyrénées. En 1914, il avait 18 ans lorsque la grande guerre éclata en France début août. Les hommes partirent au front, et l’économie Française avait besoin de bras pour continuer à fonctionner. 


Emilio veut tenter sa chance. Passeport, fiche d' état civil et acte de naissance paroissial en main, sans connaitre un seul mot de Français, il franchi à pied les Pyrénées par Puycerda. Et après un long périple, le 21 septembre 1914, il trouve son premier emploi dans l’usine de talc de Luzenac. Il ne sait pas encore qu’il ne reviendra jamais en Espagne. 


Puis il décide de monter plus au nord et c’est ainsi qu’il se retrouve à St Cirq, à trois kilomètres de Septfonds, où, en l’absence de certains hommes partis au front, il est pris comme ouvrier  agricole dans une ferme de Guillau, chez les Barthe/ Noaillac. Il dort dans la grange, dans le foin moelleux, mais de cela, il ne se plaindra jamais. Et puis… et puis… l’Espagnol tombe amoureux de la fille de la maison, Lucie Barthe. Et c’est réciproque ! Ils ont le même âge. Tiens ! Barthe… Labarta... c’est drôle ! 


Malgré la désapprobation générale, ils tiennent tête et partent s’installer à Septfonds, qu’ils ne quitteront plus jamais. Et comme dans beaucoup de ces situations, le temps arrange les choses et la réconciliation familiale ne tarde pas. 


Ainsi se connurent ceux qui deviendront mes grands-parents paternels.


A Septfonds, malgré la guerre, l’industrie chapelière battait son plein. On  trouvait facilement du travail dans ce domaine. Emilio est embauché chez Astoul-Bosc, une belle entreprise. Par son énergie et sa disponibilité, il gagne rapidement la confiance du patron et l’estime de toutes et de tous. Pensez donc ! l’hiver, le matin, à 5 heures, il est déjà en train d’allumer les poêles à bois de l’usine pour que les ouvrières n’aient pas froid ! Cela, personne ne l’oubliera et surtout pas son employeur.

 
Celui-ci, était un passionné de voitures. Mais il n’avait qu’un inconvénient…il n’avait pas le permis. A l’époque, ce n’était pas courant d’avoir le « permis de conduire les automobiles ». Qu’à cela ne tienne ! Il acheta une voiture, paya, en août 1924, le permis à Emilio qui, du coup, devient le chauffeur de Mr Astoul-Bosc. Et à ce titre, il eut le privilège de le déplacer partout en France dans des tournées de prospection pour la commercialisation des chapeaux, de manger au restaurant et de dormir dans les hôtels. 


Il faut imaginer, ce que cela pouvait être dans cette première partie du XXème siècle, que de détenir un permis de conduire pour un « étranger », et d’ être l’ homme de confiance d’ un  patron. Pour moi, c’est digne d’intérêt, mais à deux titres. Certes, côté de l’employé, mais également côté patron qui prouvait là une belle ouverture d’esprit et une humanité remarquable. 


Consécration ultime, Emilio fut naturalisé en juin 1946. Sur son certificat de travail, Mr Astoul-Bosc déclara : « c’est un homme dévoué, sérieux et travailleur. Nous n’avons, à tous les points de vue, qu’à nous louer de ses services ».  


Photo: Emilio Labarta derrière "sa" voiture - année 1930 - coll familiale.

 

Un métier important : tresseu(se)r de paille.

 Réunis sur une même photo-montage : le tresseur de Lavaurette et la tresseuse de Caylus dans un même geste ancestral..


L' activité consiste à tresser des brins de paille (généralement 3 ou 5, suivant la largeur de tresse souhaitée). Les tresses seront ensuite cousues pour former un chapeau.


Sur la photo on remarque les paquets de brins de paille sous les bras.


On note également que la tresseuse tient des tresses déjà prêtes à être cousues alors que la tresse du tresseur est encore pourvue des extrémités des brins de paille non coupés, ce qui lui donne cet air "ébouriffé"..


PHOTOS : Labouche Frères - Toulouse pour le tresseur et Ed. Vayssié - Caylus pour la tresseuse. Collection personnelle.

La manufacture de chapeaux de paille "Déramond Cadet".

Achetée dernièrement, cette facture de la Manufacture de Chapeaux de Paille "Déramond Cadet", datée du 29 février 1912. On y découvre les noms et adresses de deux représentants dépositaires en France.


La manufacture Déramond-Cadet a une histoire très longue puisqu' une lettre à son nom témoigne déjà de son existence en 1886 et qu' un témoignage prouve qu'elle existait encore dans les années 1950. 


Elle était située à l’angle de la rue de la République et la rue de Strasbourg. Dans les années 1950, il y avait encore beaucoup de travail. Rafael Torrero, qui avait été réfugié au camp de Septfonds en 1939 puis interné au Groupe de Travailleurs Etrangers 533 de Réalville sous le régime de Vichy jusqu’en 1944, y avait par la suite travaillé comme comptable.


H. G. qui y était secrétaire début des années 1950 « du temps de Rafael » me confia un jour qu’ « il y avait un énorme travail car il y avait à l’époque énormément d’expéditions dans les colonies. Les chapeaux de paille étaient expédiés dans toutes les colonies : l’A.O.F. (Afrique Occidentale Française : Sénégal, Côte d’ Ivoire, Guinée, Mauritanie, Niger, Soudan…), l’A.E.F : (Afrique Equatoriale Française : Gabon, Congo, République Centrafricaine actuelle, Tchad, Cameroun.), mais aussi en Asie du sud-est : Cambodge, Laos, Cochinchine (Sud du Vietnam actuel), Tonkin (Nord du Vietnam), Annan, Royaume de Siam (Thaïlande actuelle). On expédiait également dans tout le Maghreb, à Madagascar, La réunion et aux Antilles ».


Bref, partout où la France avait un intérêt, où il faisait chaud et où le soleil brillait ! Partout finalement où la France voulait briller …

La manufacture de chapeaux de paille "Cantecor et Astoul".

C’est une nouvelle chapellerie qui vient d’être découverte avec l’acquisition de cette lettre datée de 1869, à ce jour le plus ancien document concernant les chapelleries Septfontoises qui vient compléter ma collection. 


En effet, nous connaissons, dans la deuxième partie de XIXème siècle et début XXème, des manufactures Astoul, des manufactures Bosc-Astoul, des manufactures Bosc… sans parler des multiples manufactures Cantecor qui, depuis l’origine du chapeau de paille à Septfonds, se sont succédé de générations en générations. 


Mais cette manufacture « Cantecor et Astoul », association commerciale de ces deux familles, est une nouvelle découverte dans l’histoire déjà riche de la chapellerie locale.

 
Quant à cette lettre datée de 1869, c’est un témoignage prouvant que le commerce de la paille était devenu européen en cette année 1869. D’un achat local qui suffisait à une production et à une demande limitée quelques décennies plus tôt, on venait de passer, en cette fin de XIXème siècle, dans le monde industriel, plus exigeant et concurrentiel. La demande croissante de chapeaux, exigeait plus de production et donc plus de matière première. 


Ainsi nos chapeliers n’hésitaient plus à se fournir à l’étranger, et la manufacture Cantecor et Astoul, notamment dans ce cas, en Suisse. 


Wohlen, ville de 14 000 habitants du canton d'Argovie, située dans le district de Bremgarten à environ vingt kilomètres au sud-ouest de Zürich, avait été la plaque tournante de l'industrie Suisse de la paille. La première fabrique de chapeaux de paille y avait été fondée, et là avaient été mises au point les sept méthodes de tressage qui occupaient 50 000 (sic) personnes des vallées environnantes (1). De nos jours, le siège de l'ancienne usine Isler est toujours présent. 


Le « Strohmuseum im Park », ou musée de la paille de la Villa Isler, est consacré à l'histoire de l'industrie de la tresse à chapeaux. « Dans aucun autre endroit du monde, de si beaux chapeaux n'ont été fabriqués au XIXe siècle comme ceux de cette contrée d'Argovie » dit-on.. Septfonds et Caussade n’ avaient qu’ à bien se tenir ! La paille, matériau pourtant modeste y a été la base d’une industrie florissante pendant près de deux siècles. Ce qui avait commencé comme un travail à domicile a progressivement évolué en une industrie d’exportation des tresses à chapeaux (2). 


La famille Isler est une très vieille famille d'entrepreneurs de Wohlen, attestée pour la première fois en 1574. A l'origine, la famille était composée d'aubergistes, de paysans, d'artisans et de marguilliers. Puis elle se scinda en deux branches au XVIIIe siècle. L'une s'éleva socialement grâce à Jacob. La première société de commerce d'articles en paille tressée naquit sous le nom de Jacob Isler & Co. en 1815. La première maison de négoce (Negotiantenhaus), regroupant habitations, bureaux et entrepôts, fut ouverte en 1819 et devint un modèle dans la branche du tressage. En 1869, les Isler firent construire le premier quartier ouvrier de Wohlen. La société fut transformée en SA en 1927, puis s'agrandit pour devenir la Jacques Isler Corp. New York en 1962. 


Des rangs de cette famille radicale-libérale sont issus trois présidents de commune (1803-1837), neuf députés au Grand Conseil Argovien (1808-1925), deux conseillers nationaux et deux conseillers aux Etats. La famille s'engagea continuellement en faveur de l'instruction publique.


Sources:
(1) – Cf : Gérard Morin - La paille en marqueterie 
(2) – Cf : Strohmuseum im Park
(3) – Cf : Wohler, Anton: "Isler (AG)", in: Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 11.01.2018, traduit de l’allemand.
Texte: personnel.

La manufacture de chapeaux de paille "Jean Louis Michel Herment Fils".

Acheté dernièrement cette lettre écrite par « Portal Père et fils, Banque et Recouvrements » à Montauban en date du 1er juin 1881. 


Elle est adressée à « Jean Herment Fils » à Septfonds. 


Recherche faite dans la généalogie des familles chapelières Septfontoises, il s’agit de Jean Louis Michel Herment (1849 - Septfonds / 1937 - Septfonds). Il était manufacturier en chapeaux de pailles.
Fils de Jean Jacques Herment (1808 - Septfonds / 1870 - Septfonds), également manufacturier en chapeaux de paille à Septfonds, et de Sophie Gertrude Cantecor (1817 - Toulouse / 1880 - Septfonds), épicière à Septfonds.


Sur ce document adressé à Jean Herment Fils, il faut donc comprendre Jean Louis Michel Herment, « fils »… et successeur…  de son père Jean Jacques Herment.    


Jean Louis Michel Herment fut marié à Eulalie Anastasie Cantecor (1856 – Septfonds / 1937), appelée en famille Eugénie, fille de André Désiré Fortuné Cantecor (fabricant de chapeaux de paille) et de Louise Mourgues. 


Ils eurent une fille Jeanne Sophie Fortunée Louise Herment (1887-1971) qui vécu et mourut au 40 rue de la République à Septfonds. Cette appellation « rue de la République » est postérieure au recensement de 1872 puisque jusque là on parlait d’ « Intérieur de la Ville » , ce qui devait correspondre à l’ intérieur de la bastide ancienne.


J’ai personnellement connu Jeanne Herment quelques années et ai eu l’occasion de rentrer, de son vivant, dans sa demeure.  Elle a été la dernière d’une grande lignée de chapeliers, descendante de Pétronille Cantecor, celle par qui a commencé la grande et passionnante histoire, la saga, de la chapellerie du bassin Septfonds-Caussade.  


Il y a de fortes chances que le document trouvé et présenté ici provienne des archives familiales conservées dans cette maison qui fut vidée devant notaire au décès de Jeanne en 1971 puisqu’il n’y avait pas de descendance. 
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Le document ci-joint est plutôt une lettre de confirmation de dépôt d’argent et de régularisation de compte, mais il est intéressant de lire la « mise au point » faite par  « Portal Père et Fils », quant à l’irrégularité des échanges « client/banque » dirait-on de nos jours. 


Une époque durant laquelle on savait dire les choses avec élégance mais avec fermeté : 


« Nous avons remis ce matin à votre employé la somme de 2000 frs qui vous est nécessaire à votre « ? ».
Nous voyons avec plaisir que vous faites de bonnes affaires et sommes heureux  de pouvoir vous aider à prospérer.
Mais cela n’exclue pas la régularité, dans vos rapports avec nous, et c’est en général de cela dont nous avons à nous plaindre, soit que vous ne nous avisiez pas en temps utile des effets payables à notre caisse, soit  que vous ne nous adressiez jamais les remises les jours annoncés.
Il n’est donc pas étonnant que nous soyons contrarié de vos négligences ». 


A bon entendeur… !!! 😉 


Texte : JML


Généalogie : A. Bournel

La manufacture de chapeaux de paille "Etienne Mourgues Fils Ainé".

Déniché, ce lot de factures, lettres, mandat et enveloppe de 1917 de la Manufacture de Chapeaux de Paille "Etienne Mourgues Fils Ainé" à Septfonds.

 

L' entête est remarquable par son graphisme mais aussi par les symboles de l' époque qu' il véhicule : le château d' eau rond qui fournissait l' eau aux habitations mais aussi aux nombreuses usines (il a été supprimé et remplacé au début des années 1970), et le tramway à vapeur de la ligne Caussade - Caylus traversant Septfonds. Ce tramway a fonctionné de 1913 à 1933.

 

Etienne Philomen Mourgues est né le 20 décembre 1866 à Septfonds. Sa généalogie montre qu' il est de la parenté des Cantecor par alliance. Neveu de André Désiré Fortuné Cantecor né le 9 octobre 1821 à Septfonds et de Louise Mourgues née le 2 janvier 1824 également à Septfonds. Il est décédé le 8 avril 1928, - rue Fortuné Cantecor à Septfonds, à l'âge de 61 ans. Il a donc été manufacturier, puis employé de commerce à l'usine de Jean François Bosc.

 

Généalogie : avec l' aide précieuse de Alexandra Brnl.

Le casque colonial Laffont.

Achetée, cette belle facture de la manufacture de chapeaux de paille « Raymond-Laffont », datant de 1929.


Le casque colonial trouve ses origines aux Indes, au moment des empires coloniaux occidentaux de la période 1750 - 1800.


Les premiers chapeaux en forme de casque avaient une calotte ovale et s’inspiraient des turbans hindous. On y rajouta un bord et le tout fut recouvert d’une toile. Tout cela les fit ressembler vaguement à des casques coloniaux qui ne demandaient alors qu’à être améliorés.


Un fabriquant de chapeaux de paille de Toulouse, Mr Joseph Laffont, de la maison « Laffont-Brilles-Déramont », qui a d’ailleurs été maire de Septfonds de 1892 à 1896, reprit la fabrication du casque colonial pour le commercialiser dans les colonies Françaises, en Afrique et aux Indes.


Ce fabriquant eut une fille qui épousa un Septfontois, Mr Louis Raymond. Après leur mariage, ils créèrent une usine de chapeaux à Septfonds, qui devint la maison « Raymond-Laffont ». Ils apportèrent de nombreuses modifications au casque colonial afin de le rendre plus confortable et plus agréable à porter. 


Ils inventèrent un système d’aération qui permettait de limiter la chaleur à l’intérieur du casque. Ce casque, de forme arrondie et dont le haut de la calotte était surmonté d’une pièce de métal conique perforée de quatre trous et recouverte de tissus, était très ingénieux. Ils eurent également l’idée d’ajouter deux œillets sur chaque coté de la calotte et d’ajouter des bandes de cuir et carton en zigzag à l’intérieur, afin de permettre une meilleure circulation de l’air autour de la tête. Ce système est appelé « aérifère ». 


Ils donnèrent ainsi naissance à la marque « Casque Laffont » et conquirent de nombreux marchés à l’exportation. Ils participèrent à des foires internationales et obtinrent en 1865 le 1er prix de la foire internationale de Toulouse, en 1878 le 1er prix de l’Exposition Universelle de Paris, et en 1887 le 1er prix du protectorat de l’Annam et du Tonkin à Hanoï. (Ces « trophés » sont indiqués sur la facture ci-jointe)


L’entreprise Laffont a définitivement fermé ses portes en 1960. 


Sources : C. Bason, ancien chapelier.

Des relations commerciales sans concession.

Dernièrement acheté une carte postale-lettre qui a voyagé de Auray dans le Morbihan à Septfonds, en juin 1900. On y trouve un beau timbre  qui a circulé à partir de février 1898 avant d’être retiré de la vente fin 1900. De couleur noir sur lilas, il a été dessiné par Jules Auguste Sage et représente une allégorie à la paix et au commerce selon son créateur.


On distingue trois tampons des Postes de Lorient à Nantes, Tours gare en Indre et Loire et enfin Septfonds la destination.


Et là, les choses se gâtent pour le destinataire, le Manufacturier Septfontois Jean Herment. En effet, l’envoyeur de la carte ne semble pas très satisfait, c’est le moins que l’on puisse dire, des expéditions de son fournisseur. Une preuve qu’en 1900 on disait les choses sans détour et que les relations pouvaient être parfois tendues…  

 
« Monsieur.
Je commence par être fatigué à vous écrire toujours la même chose. Je n’ai jamais reçu le colis 601 et ce n’est pas maintenant que je le recevrai. Veuillez le réclamer puisque c’est vous qui en avez fait  l’expédition et qui avez le reçu ; pour ma part, je ne réclamerai rien ! Je ne veux pas remplacer ces chapeaux, votre commission ayant été livrée si tard quand ma vente était à peu près faite. Il est même probable qu’il m’en restera. Maintenant, veuillez prendre notre que je ne paierai pas ce colis manquant. Veuillez donc le déduire de ma note car je n’accepterai pas votre traite si vous ne déduisez pas ce colis. Veuillez vous faire rembourser par le chemin de fer puisque vous possédez le reçu de ce colis. Maintenant tout est entendu.


Recevez, Monsieur, mes salutations.  


- Le Bayon Jeune -» 


NB : Texte copié mot à mot.

Le patrimoine bâti de la chapellerie : la manufacture "Léon Béssede"

Il est beau le Pont Vieux de Septfonds qui enjambe le Daudou ! Mais nous en reparlerons…
Pour cette photo, je m’attarderais sur ces deux maisons quasi jumelles qui semblent dominer cette partie basse du village comme deux tours de guet … 


Il s’agit là des façades nord de l'arrière de l'ancienne Manufacture de Chapeaux de Paille Léon Bessède (« rotins  -  pailles françaises et étrangères - spécialité chapeaux hommes et enfants » comme le précise l' entête d'une facture datant de 1924). 


A gauche la manufacture, à droite la maison d’habitation des Bessède. Deux magnifiques bâtisses, depuis le temps revendues mais toujours habitées par deux propriétaires différents. Les murs de clôture en pierre et les magnifiques portails d’entrées bordent le Boulevard des Mourgues. De par la qualité de leur construction, elles font, à mon avis, partie des plus belles demeures - manufactures de cette période de la fin du XIXème siècle à Septfonds. 


Lorsque la famille Bessède a cessé son activité, Louis Coustillères, père de l’actuel dernier chapelier de Septfonds encore en activité, Jean-Claude « du même nom », avait loué la manufacture. Jusque là, il avait un petit atelier (devenu trop petit sans doute) dans le bas de la rue de la République, en face de l’importante manufacture Gaillard. Il a donc occupé les locaux de l'ex manufacture Bessède quelques temps. Puis Louis Coustillères abandonna cette location et préféra faire construire sa propre usine, celle qui est encore et toujours en activité en bordure de la route départementale, dirigée par son fils Jean-Claude et son petit fils Jean Christophe Coustilleres .


Quant à cette manufacture, située boulevard des Mourgues, elle cessa définitivement son activité et fut vendue en deux lots..


Photo JML (11/02/2022) - Samsung S21 - 16:9.

La cheminée de la manufacture "Gaillard".

Dernièrement acheté, un original de cette carte des éditions CIM (Combier Imprimeur Macon), maison d’édition fondée avant la Première Guerre mondiale. La carte en parfait état n’a jamais voyagé.


Nous sommes dans la partie basse de la rue de l’ Industrie à Septfonds, vue en direction le soleil couchant. La cheminée que nous apercevons est la dernière à Septfonds conservée dans son état d’origine par l’actuel propriétaire du lieu. Elle domine tout le quartier depuis plus d’un siècle. Une autre existe encore sur le site de l’ancienne manufacture Bosc, mais, fragilisée, elle a été réduite d’environ la moitié de sa hauteur.


Celle-ci appartenait à la manufacture Gaillard dont l’emplacement, au cœur du village, avait deux ouvertures, une sur la rue de l’industrie et l’autre sur la rue de la République. Ces cheminées d’usine remplissaient deux fonctions essentielles.


N’étant pas du tout un spécialiste en la matière, je m’en tiendrais à la définition donnée sur le site du Ministère de la culture qui évoque « Les cheminées d’usines » :


«Les cheminées créaient d’abord, pour les fours, fourneaux ou chaudières, le tirage nécessaire, c’est-à-dire la dépression résultant de la différence de densité entre les gaz chauds à l’intérieur du fût et l’atmosphère extérieure. 


Elles permettaient ensuite de diffuser dans cette atmosphère, loin des habitations alentour, les gaz éventuellement nocifs dégagés par les processus industriels. De fait, la grande majorité des cheminées érigées au XIXe siècle le furent pour les chaudières de machines à vapeur ».


Et donc, entre autre, pour les presses à vapeur de nos chapelleries…

Au cœur de la chapellerie : des histoires de familles.

La photo de ce groupe d’ouvriers de la Manufacture Déramond-Cadet date de Février 1924. Elle provient d’Henri Galtié, le deuxième à gauche au rang du milieu avec casquette, moustache et grand tablier gris clair. Tablier de protection qui était utilisé par les hommes chargés de la blanchisserie et de la teinture de la paille, et formés au "dressage" des chapeaux. 


Henri Galtié était le grand-père de Simone Claudon née Galtié en 1919 et décédée en 2015 à l’âge de 95 ans. Elle a longtemps travaillé dans les manufactures de chapeaux Déramond-Cadet et Douillac. c' est elle qui m'avait confié ces photos familiales. 


Sur la gauche d’Henri Galtié, sans casquette mais avec moustache, c’est Urbain Mourgues dit « Tapajou ». Avec sa famille, ils habitaient Impasse des Albarèdes. 


Et au milieu de la photo, le 4ème à partir de la gauche, rangée du milieu, c’est René Fabre, frère du suivant, le 5ème à partir de la gauche : Urbain Fabre, père de Jean (Jeannot) Fabre dit « Piaf ».   
Urbain Fabre devint le gendre d’Urbain Mourgues.


Enfin, parmi les personnes identifiées : Henri Fabre, le 5ème en bas à partir de la gauche, frère de René et de d’Urbain


D’ après le recensement de 1906, leur père, Jean, Flavien Fabre né en 1868 à Lavaurette, « domestique » chez Déramond-Cadet était marié à Marie Galtié(er), ouvrière  dans la même manufacture. 


La manufacture Déramond-Cadet a une histoire très longue puisqu' une lettre à son entête témoigne déjà de son existence en 1886 et qu’un témoignage écrit prouve qu'elle existait encore dans les années 1950. 


Elle était située à l’angle de la rue de la République et la rue de Strasbourg. 


Fabre, Galtié(er), Mourgues : trois familles originaires de Septfonds ou très proche, réunies par des mariages croisés, qui montrent une fois de plus que le monde de la chapellerie locale était en définitive une très grande famille. 

1879 - Fortuné Cantecor : le commerce avec la Suisse.

Voici une lettre originale achetée dernièrement, datée du 18 mars 1879. Elle a été écrite et signée par Fortuné Cantecor, petit fils de Pétronille Cantecor, celle par qui débuta l’épopée chapelière du bassin Septfonds-Caussade. La lettre était adressée à Monsieur J. Isler à Wohlen en Suisse et concerne l’achat de tresses de paille.

 

Elle est un témoignage prouvant que le commerce de la paille était devenu européen en cette période. D’un achat local qui suffisait à une production et à une demande limitée quelques décennies plus tôt, on venait de passer, en cette fin de XIXème siècle, dans le monde industriel, plus exigeant et concurrentiel. La demande croissante de chapeaux, exigeait plus de production et donc plus de matière première.

 

Ainsi nos chapeliers n’hésitaient plus à se fournir à l’étranger, et la manufacture Fortuné Cantecor, notamment dans ce cas, en Suisse.


Wohlen, ville de 14 000 habitants du canton d'Argovie, située dans le district de Bremgarten à environ vingt kilomètres au sud-ouest de Zürich, avait été la plaque tournante de l'industrie Suisse de la paille. La première fabrique de chapeaux de paille y avait été fondée, et là avaient été mises au point les sept méthodes de tressage qui occupaient 50 000 (sic) personnes des vallées environnantes (1). De nos jours, le siège de l'ancienne usine Isler est toujours présent.

 

Le « Strohmuseum im Park », ou musée de la paille de la Villa Isler, est consacré à l'histoire de l'industrie de la tresse à chapeaux. « Dans aucun autre endroit du monde, de si beaux chapeaux n'ont été fabriqués au XIXe siècle comme ceux de cette contrée d'Argovie » dit-on.. Septfonds et Caussade n’avaient qu’ à bien se tenir ! La paille, matériau pourtant modeste y a été la base d’une industrie florissante pendant près de deux siècles. Ce qui avait commencé comme un travail à domicile a progressivement évolué en une industrie d’exportation des tresses à chapeaux (2).

 

La famille Isler est une très vieille famille d'entrepreneurs de Wohlen, attestée pour la première fois en 1574. A l'origine, la famille était composée d'aubergistes, de paysans, d'artisans et de marguilliers. Puis elle se scinda en deux branches au XVIIIe siècle. L'une s'éleva socialement grâce à Jacob. La première société de commerce d'articles en paille tressée naquit sous le nom de Jacob Isler & Co. en 1815. La première maison de négoce (Negotiantenhaus), regroupant habitations, bureaux et entrepôts, fut ouverte en 1819 et devint un modèle dans la branche du tressage. En 1869, les Isler firent construire le premier quartier ouvrier de Wohlen. La société fut transformée en SA en 1927, puis s'agrandit pour devenir la Jacques Isler Corp. New York en 1962.

 

Des rangs de cette famille radicale-libérale sont issus trois présidents de commune (1803-1837), neuf députés au Grand Conseil Argovien (1808-1925), deux conseillers nationaux et deux conseillers aux Etats. La famille s'engagea continuellement en faveur de l'instruction publique.

 

(1) – Cf : Gérard Morin - La paille en marqueterie
(2) – Cf : Strohmuseum im Park
(3) – Cf : Wohler, Anton: "Isler (AG)", in: Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 11.01.2018, traduit de l’allemand.

La manufacture de chapeaux de J.F. Bosc Fils Ainé.

Elle est toujours là, à l’angle du Cours Sadi Carnot et du Boulevard des Mourgues, avec ses bâtiments toujours aussi imposants. 


Certes, ces dernières décennies, elle a subi des transformations après l’arrêt définitif de son activité et sa vente, mais elle garde toujours son âme. 


Et à propos de vente, peu de personnes se rappellent maintenant qu’elle aurait pu faire une formidable maison de retraite au cœur du village, comme certains à Septfonds et dans le Département l’envisageaient à la fin des années 1980. Mais hélas, pour des raisons qui parfois échappent, disons-le ainsi... le projet s’est déporté vers l’extérieur du bourg…   


C’est sur l’entête d’une facture de la manufacture de chapeaux de paille J.F. Bosc Fils Ainé qu’elle est représentée ainsi. Une facture datant de juin 1910 et signée Léopold Bosc, le successeur de J.F. Toutefois, reconnaissons tout de même que cet entête, comme tous les entêtes, a tendance à embellir cet ensemble et à le présenter plus spacieux qu'il ne l'est en réalité, même s'il reste dans des proportions exceptionnelles.


Il est ainsi possible d’imaginer cette manufacture telle qu’elle était à l’époque, grouillante d'activité, avec, à l’intérieur de la cour, sa passerelle fermée si caractéristique, sa cheminée aujourd’hui réduite environ de moitié car elle menaçait de s’écrouler, et ses bâtiments imposants à plusieurs étages. 


Un ensemble massif qui occupe tout un ilot carré de l’ancienne bastide, dans la partie nord du village et qui démontre bien toute l’importance de l’activité chapelière fin XIXème, début XXème siècle. 


Photo : collection JML

La secrétaire de la manufacture Déramond-Cadet.

Nous parlons toujours des métiers de la fabrication du chapeau dans nos contrées, et curieusement nous ne parlons jamais de la partie administrative du fonctionnement des manufactures. Pourtant, de tous temps, l’un n’a jamais fonctionné sans l’autre, tout comme, de tous temps, il n'a pu y avoir d’employés sans qu’il n’y ait d’employeurs.


Donc, pour la première fois, je vais publier un extrait d’un témoignage recueilli il y a quelques années. Témoignage d’une secrétaire photographiée (rare) devant sa machine, dans son bureau au matériel minimaliste, à la chaise qui permet une position bien droite, bien en face de la machine à écrire, ce que préconisent actuellement tous les médecins du travail…

 

En 1951, elle obtient son premier emploi dans cette manufacture. 65 ans après, elle se souvient….

 

« Après avoir appris la dactylo et la sténo à l’école Pigier de Montauban, j’ai eu mon premier travail de secrétaire à la manufacture Déramond-Cadet, située à l’angle de la rue de la République et la rue de Strasbourg. J’étais seule pour m’occuper surtout de l’envoi des factures au quatre coins du monde. Car à l’époque les expéditions étaient mondiales et il y avait beaucoup de travail. Je travaillais avec le comptable, Rafael Torrero, qui avait été réfugié au camp de Septfonds en 1939.


Il y avait un énorme travail car il y avait à l’époque énormément d’expéditions dans les colonies. Les chapeaux de paille étaient expédiés de chez nous dans toutes les colonies : l’A.O.F. (Afrique Occidentale Française : Sénégal, Côte d’ Ivoire, Guinée, Mauritanie, Niger, Soudan…), l’A.E.F : (Afrique Equatoriale Française : Gabon, Congo, République Centrafricaine actuelle, Tchad, Cameroun.), mais aussi en Asie du sud-est : Cambodge, Laos, Cochinchine (Sud du Vietnam actuel), Tonkin (Nord du Vietnam), Annan, Royaume de Siam (Thaïlande actuelle). On expédiait également dans tout le Maghreb, à Madagascar, La réunion et aux Antilles.


Bref, partout où la France avait un intérêt, où il faisait chaud et où le soleil brillait !


Les expéditions se faisaient depuis la gare de Borredon !!!
Pourquoi Borredon ???


Ça, c’était la guéguerre Caussade - Septfonds qui continuait depuis des décennies. Toute cette guéguerre remonte en fait à l’époque où il y a eu la ligne de chemin de fer Paris – Toulouse. A l’époque les chapeliers de Septfonds avaient demandé à ce que la ligne passe par Septfonds, car l’industrie du chapeau était bien plus importante que celle de Caussade. Mais en définitive c’est Caussade qui a été desservi au grand désespoir de la ville de Septfonds. Du coup, nos chapeliers, certainement vexés, en colère, ont décidé d’expédier de Borredon et ont longtemps "boudé" Caussade ».

 

Il est intéressant de noter que cette "bouderie" s' est transmise de génération en génération. Et comme dans les histoires de familles Corses (dans lesquelles il ne faut surtout pas s' immiscer), l' essentiel est de perpétuer la tradition, même si les origines de la brouille se sont perdues avec le temps. Donc Septfonds-Caussade, que ce soit version chapeau, rugby ou municipalité, l' essentiel est de conserver le mythe et de perpétuer la tradition !!!

 

Photo: Huguette Guiral : secrétaire sténodactylo à la manufacture de chapeau de paille Déramond-Cadet - 1951. Collection privée
Témoignage: recueilli par JML en 2015. Modèle déposé.

La fileuse de Chanvre

Voici l’original d’une carte postale qui a voyagé depuis Septfonds en octobre 1905 comme en témoigne le caché de La Poste. Carte en parfait état, éditée par le célèbre photographe de Montauban Achille Bouïs, qui fut également conservateur du Musée Ingres de 1889 jusqu'à sa mort en 1914.


Achille Bouïs avait réalisé, entre autre, une belle série de photos portant sur les vêtements typiques du Tarn et Garonne et du Bas-Quercy en particulier, et sur les diverses coiffes aussi bien féminines que masculines.


Le chanvre n’est pas vraiment une spécialité du bassin chapelier Caussade - Septfonds, mais le chapeau de paille posé aux pieds de la dame pourrait bien provenir de nos manufactures locales. 
Dans la plus pure tradition de la fabrication locale, ce modèle se compose d’un large bord fait pour protéger d’avantage du soleil durant les travaux des champs par exemple. Il est fait de paille tressée et cousue. Son galon noir, qui, d’ordinaire entoure uniquement le bas du montant, retombe sur les côtés. Il faut imaginer que ce ruban est assez long pour pouvoir être noué sous le cou afin de bien tenir le chapeau sur la tête. 


Quant à la coiffe blanche unie, qui tranche avec le sombre des vêtements, il s’agit là d’un des multiples modèles de coiffes portées partout en France mais avec des variantes régionales voir locales et même familiales au niveau de la fabrication et de l’ esthétisme. Ces coiffes étaient portées tous les jours à la maison, ou bien pour les grandes occasions. Mais il y avait toujours des normes bien observées : la coiffe devait enfermer toute la chevelure, serrée en chignon ou en tresses, ne laissant parfois apparaître, sur le front, que la naissance d’une raie médiane. 


Et il ne faut pas oublier que seules les femmes « dévergondées » sortaient « en cheveux », et qu’il fallait une grande intimité familiale pour que la femme montre sa chevelure !!! ...Voici l'
original d' un devis adressé à Mr Colle, Le Val d' Ajol, village des Vosges, daté du 11 novembre 1902.

 

La manufacture Fortuné Cantecor

Voici l' original d' un devis adressé à Mr Colle, Le Val d' Ajol, village des Vosges, daté du 11 novembre 1902.


Pour la petite histoire, il est noté sur le devis que celui-ci est adressé à Mr Colle suite au passage du voyageur de commerce de la Manufacture Fortuné Cantecor : Mr Bounhol.


- Fortuné Cantecor, né le 9 octobre 1821 à Septfonds, décédé le 8 mai 1890, inhumé dans le cimetière communal.


-- Fils de Guillaume Cantecor, né le 20 décembre 1796 à Septfonds et de Anne Blanc, née le 21 juin 1795 à Toulouse, marchands de chapeaux de paille .


--- Petit fils de Jean Cantecor, cultivateur, né le 8 juillet 1754 à Septfonds et de Perrette Pétronille Cantecor-Gleye, dite "Pétronille Cantecor", née le 28 février 1770 à Saint Martin de Sesquières - Caussade, bergère et marchande de chapeaux, créatrice du chapeau de paille de Septfonds.


Fortuné Cantecor succéda à sa grand mère Pétronille à la tête de la manufacture familiale de chapeaux de paille. Il fit construire la plus imposante usine de Septfonds dont le bâtiment est toujours existant. Il fut l' un des précurseurs dans l' installation de machines à vapeur. En 1896, la maison Cantecor produisait 5000 chapeaux par jour.


PS; il est intéressant de noter que, 12 ans après son décès, la manufacture s' appelait toujours "Fortuné Cantecor". Le devis ici présent en atteste.

Mais où est la capitale du chapaeu ?

Il n’y a pas de preuve concernant l’utilisation du chapeau à l’ère préhistorique, par contre le port de celui-ci remonte bien à l’antiquité. On peut citer le « pétase » grec, chapeau rond de feutre ou de paille, à bord large, souple et plat, avec un cordon noué sous le menton ou derrière la tête pour le maintenir en place. 


Souvenons-nous aussi du « pilos » (le pileus ou pilleum, appelé pilos par les Grecs), bonnet en feutre qui, dans la Rome antique, coiffait les esclaves romains affranchis pour affirmer leur liberté. Les femmes grecques elles, préféraient porter la « tholia », chapeau de paille rond à larges bords relevé en pointe en son centre.


Au Moyen Âge, selon Philippe Le Bas, leur usage est attesté dès le règne de Charles VI, où les chapeaux fréquemment portés à la campagne sont adoptés à la ville « mais seulement les jours de pluie ». On sait également que Charles VII, pour son entrée dans Rouen en 1449, portait un chapeau de castor. Louis XI, quant à lui, est fréquemment représenté avec son chapeau orné d'enseignes.


Plus tard, dans son « Thresor de la langue françoyse », paru en 1606, Jean Nicot cite « un chapeau ou bonnet à couvrir la teste : Pileus, vel Pileum, Petasus;  un chapeau contre le hasle du Soleil : Causia, Vmbella; un chapeau fait d'espis de bled : Corona spicea; un chapeau de fleurs, ou Bouquet, Sertum, Strophium; un chapeau de fleurs entrelacées et entassées, Pactilis corona ».


Marqueur social, il s'agit d'un accessoire essentiellement masculin, les femmes portant plutôt des voiles, des foulards ou des bonnets qui peuvent cependant atteindre des proportions extravagantes, tels les hennins, ces coiffes coniques en forme de pain de sucre. Le port d'un chapeau par la femme était alors considéré comme frivole, à l'exception de son utilisation lors d’un voyage. C'est finalement au XVème siècle qu’elles s'approprient le chapeau, imitant ainsi les courtisans mâles.


Évoluant au gré des modes, il continue à être utilisé, même si au XVIIIème siècle, en raison des volumineuses perruques, les hommes portent au bras leur bicorne.


En France son usage est petit à petit réservé aux femmes, avant qu'au XVIII ème siècle, les dames de la cour arborent les créations de leurs marchandes de modes.


Le chapeau continue alors d'être porté par les deux sexes jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui, il n'est quasiment plus qu'un accessoire de mode, porté lors d'occasions spéciales (mariage, enterrement) ou pour se protéger des éléments (pluie, soleil).


Il  y a eu des bassins de chapellerie un peu partout en France, en Europe et dans le monde.


En France, hormis le bassin Septfonds-Caussade, on peut citer la région de la haute vallée de l’Aude à Espéraza, la région de Chazelles-sur-Lyon dans la Loire dont l’industrie chapelière doit remonter au XVIème siècle. Mais la liste est loin de s’arrêter là…


En Italie, le chapeau de paille acquiert ses premières lettres de noblesse dès le XVIe siècle. Les cours princières se l'arrachent. Des milliers de personnes vivaient alors du commerce de la paille, et du chapeau de paille, dans les régions de Florence, Signa et Fiesole. Le succès est tel qu'il traverse même l'Atlantique jusqu'aux Etats-Unis.


En Suisse, la région de Wohlen s’enorgueillit en déclarant : « Dans aucun autre endroit du monde, de si beaux chapeaux n'ont été fabriqués au XIXe siècle comme ceux de cette contrée d'Argovie. La paille, matériau pourtant modeste a été la base d’une industrie florissante pendant près de deux siècles. Ce qui avait commencé comme un travail à domicile a progressivement évolué en une industrie d’exportation des tresses à chapeaux ».


En Angleterre, la ville Luton dans le comté de Bedfordshire, revendique le titre de centre historique de l’industrie du chapeau au Royaume Uni avec aujourd’hui des noms toujours aussi réputés tel Olney qui a été le dernier fabricant de canotiers en Angleterre. En 1935, Maurice Chevalier, star de cinéma et client fidèle d’Olney Headwear, qui ne se séparait jamais de son canotier, est allé jusqu’à Luton visiter son fabricant. Pour lui seul Olney fait « un canotier qui est toujours un canotier ». 


Alors !!! le canotier Septfontois du cher Maurice ? Qu’en est-il ?


En Belgique, à Rocklenge, village au bord du Geer, rivière qui trouve sa source dans la région de Hesbay (à l'ouest de Liège) et se jette dans la Meuse à proximité de Maastricht, comme dans un certain nombre d'autres villages, la production de chapeaux de paille s'est fortement développée à la fin du dix-huitième siècle. Le succès fut tel que les fabricants originaires de cette petite région rurale se mirent à ouvrir des boutiques et à monopoliser ce commerce non seulement dans les villes belges mais aussi à Paris et dans la plupart des villes hollandaises.


Ne cherchez pas une capitale mondiale du chapeau. Vous ne trouverez qu’un nombre important de villes, de régions et de pays, qui ont eu ou qui ont encore une activité chapelière importante leur permettant de revendiquer ce titre.


Alors France, Italie, Belgique, Angleterre, et on n’évoque pas les multiples pays d’Asie ou d’Amérique Latine qui produisent depuis longtemps des chapeaux… Chazelles Sur Lyon, Esperaza, Caussade, Septfonds et bien d’autres… Où se situe la capitale du chapeau ? Personne n’a finalement le droit de se l’approprier… ou tout le monde !!! Et surtout, grâce à un chauvinisme bien traditionnel, chacun continuera à avoir sa vérité pendant encore bien des décennies.
JML

Le commerce avec l' Angleterre

Etude autour d' une carte postale achetée dernièrement...

 

Cette carte datée du 1er février 1895, expédiée par Ernest William Hart (1859-1913), spécialiste de la teinture des tresses de paille sur Windmill Road à Luton (Angleterre), témoigne de l’importance prise à Septfonds par l’importation de la paille venue d’extrême Orient, mais qui passait, en cette fin du XIXè siècle, en majeure partie et inévitablement par le marché anglais de Luton. 

 

Un témoignage précédant, sur le même thème, fait référence à l’exportation de paille de Suisse.  

 

A la fin du XIXè siècle, dans sa pleine expansion, l’industrie anglaise de la chapellerie était principalement centrée au nord de Londres, à Luton. La ville de Luton, dans l’ancien comté du Bedfordshire est devenue une autorité unitaire indépendante en 1997. Historiquement, l’activité chapelière s’y composait de deux métiers distincts : le commerce du chapeau de paille et le commerce du feutre.

 

Au début des années 1800, les guerres napoléoniennes ont bloqué les importations de nattes de paille et de chapeaux du continent. Ainsi les hommes d’affaires et les femmes de Luton ont mis en place des usines pour fournir les marchés locaux et nationaux avec des chapeaux de paille. En conséquence, la ville s’est développée de manière significative en taille et en population à partir du milieu des années 1800. Entre le milieu du XIXe et le milieu du XXe siècle, l’industrie du chapeau a tellement dominé la ville que la fabrication britannique du chapeau est devenue synonyme de Luton. 

 

Le Wardown Park Museum, anciennement le Luton Museum and Art Gallery, situé dans un grand manoir Victorien à Wardown Park, à la périphérie du centre-ville, possède de belles collections sur l’artisanat traditionnel du Bedfordshire, notamment sur la fabrication de chapeaux. La collection « Women’s Hat Industry » comprend plus de 600 chapeaux. 

Une autre preuve de l’importance que revêt cette industrie dans la ville : les footballers du « Luton Town Football Club »,  club professionnel fondé en 1885, sont surnommés encore de nos jours les « Hatters », signifiant chapeliers en anglais, en référence à cette industrie, symbole de Luton depuis le XVIIe siècle. 

 

La carte est adressée à la manufacture F. (Fortuné) Cantecor*, petit-fils de Pétronille Cantecor, rappelons-le. Elle a été envoyée depuis Luton par E. W. Hart qui dit : « J’ai l’honneur de vous informer que j’ai reçu pour votre compte de Mr Hucklesby (.) de notre ville, 11 balles de tresse de paille marque :… ». S’en suivent  des explications techniques que, personnellement, je découvre pour la première fois. L’auteur de la carte poursuit en disant qu’il garde ces balles à la disposition de F. Cantecor. Des échantillons sont transmis par La Poste. 

 

Mr Hucklesby, prénommé Asher John était né en 1844. Homme d’affaires anglais qui fut maire à cinq reprises de Luton, entre 1892 et 1906, c’était un important fabricant de chapeaux connu comme le "roi du chapeau de paille."

 

Fils d’un épicier de Stopsley, il eut des débuts modestes. Il a commencé à travailler pour le fabricant de chapeaux C.J. Rosson à l’âge de 13 ans. Quand il a créé sa propre entreprise, il a connu un succès immédiat. En 1880, il acheta des bâtiments et construisit un grand entrepôt aujourd’hui démoli. Son entreprise est devenue l’entreprise de fabrication de chapeaux la plus prospère de Luton au XIXe siècle.

 

En plus de ses fonctions dans son entreprise florissante, Hucklesby trouva aussi le temps de servir comme juge de paix et fut actif dans l’église locale. Désireux d’éduquer les gens de Luton, il est à l’ origine de la présence de l’Université du Bedfordshire à Luton.

 

Avec le conseiller municipal Edwin Oakley, Hucklesby acheta le domaine qui devint Wardown Park, le lieu où se trouve le musée.

 

À sa mort en 1908, il reçu des funérailles les plus grandes jamais vues dans la ville, et des centaines de personnes se pressèrent le long de la route menant au cimetière de Rothesay Road. 

 

* Fortuné Cantecor est décédé le 8 mai 1890. Toutefois la "Manufacture Fortuné Cantecor" continua sous ce nom au moins jusqu’ en 1902 puisqu’ une facture retrouvée à l’entête « Fortuné Cantecor » est datée du 11 novembre 1902 et atteste donc de cette continuité.

 

Industrie du chapeau de paille 1900 - photo 1 - Le tri de la paille.

Industrie du chapeau de paille 1900 - photo 2 - Le berger tresseur de paille.

Certes bien connue dans la région, cette carte postale achetée il y a quelques temps, a le mérite d’être datée de Septembre 1903, "le cachet de la poste faisant foi" ! Elle est en parfait état.

 
Ce berger a inspiré le talentueux peintre espagnol Salvador Soria exilé à Septfonds, qui a reproduit le personnage sur un tableau peint en 1939 et, depuis, toujours exposé  à la mairie. Vous le reconnaissez... ? 


Le tableau représente trois personnages travaillant à la confection d’un chapeau de paille. Trois étapes principales sont ainsi mises en évidence: le tri de la paille, le tressage et la couture. Comme l’indique la légende de notre carte, le berger est en train de tresser la paille. A regarder de près, il serre un paquet de brins de paille sous son bras droit. Dessous, la paille tressée est encore "ébouriffée". Toute une technique et un savoir faire qui se transmet encore de nos jours.


On peut imaginer cette photo comme étant la version masculine de l’image que l’on se fait de la pionnière Pétronille Cantecor, celle qui tressait la paille en gardant ses moutons, celle qui serait la créatrice des premiers chapeaux de paille et l'initiatrice des premières manufactures...du moins localement. 


Quant  à la carte postale qui a voyagé… qui est cet Arthur qui semble donner rendez-vous à Louise dimanche, comme indiqué au dos ? Nous n’en saurons pas plus ...!

Industrie du chapeau de paille 1900 - photo 3 - Les Tresseuses et marchandes de tresses.

Un original de cette carte postale qui a voyagé en 1903, comme en témoigne le cachet et le timbre de la poste qui fut commercialisé à partir du 4 décembre 1900 et retiré de la vente en 1905. On y remarque que la trilogie républicaine "Liberté - Egalité - Fraternité" y est symbolisée par les ailes de la femme, par la balance de la justice et par les angelots qui s'embrassent.

 

Une carte postale d'une série de la même période, peut-être même de fin 1800, des éditions Labouche Frères à Toulouse éditée sur le thème de "L’industrie du chapeau de paille à Septfonds". Il s' agit là d' un groupe de tresseuses et de marchandes de tresses de paille.

 

Déjà en 1830, un manuel destiné aux fabricants de chapeau donnait une explication détaillée et très technique des procédures. Voilà ce qui était dit:

"Les pailles destinées à la fabrication des chapeaux doivent être tressées et la grosseur des tresses est relative à la grosseur des brins des pailles, ce qui influe sur la qualité recherchée pour le chapeau. Ainsi on distingue les chapeaux « fins » des chapeaux « grossiers ».

Pour les chapeaux de paille « très fins », la division en deux ou quatre brins de chaque tuyau de paille au moyen d’un canif s’avère insuffisante.

 

Comme cette division doit être encore plus grande, on emploi un moyen aussi simple qu' ingénieux. Il consiste à fixer des aiguilles à broder à égale distance les une des autres et sur une même ligne.

Pour cela on implante les têtes dans de la résine ; ces aiguilles ainsi disposées forment une sorte de peigne sur lequel on place l’extrémité du brin de paille humide et préalablement fendu sur toute sa longueur. Puis, en tirant ce ruban de paille aplati jusqu’à l’autre extrémité, on le divise en autant de petits rubans qu’il y a d’épingles. Enfin, on assortit ces brins de paille suivant leur longueur et largeur et on les emploie suivant les divers degrés de beauté du chapeau".

 

C’était principalement les femmes qui faisaient les tresses avec les pailles ainsi préparées et humides. L’humidité maintient la souplesse de la paille. C’est pour cela que les ouvrières devaient avoir les doigts toujours humides afin de conserver une certaine flexibilité à la paille, en s’opposant à son dessèchement.

 

Il fallait ensuite une bonne dextérité pour bien « recorder » les brins de paille et surtout pour les tresser d’une manière égale et serrée de manière à ce que les tresses soient unies et point bosselées sur les côtés.

 

Dès qu’on a fabriqué une quantité de ces suffisantes tresses et qu’on leur a donné une longueur et une largeur suffisante suivant la qualité du chapeau recherchée, elles passent dans un autre atelier : celui de la couture. Mais ça, c’est un autre métier…

 

Sur notre photo, le groupe de tresseuses, semble préparer des tresses « grossières ». Certaines de ces dames tressent debout, pour les besoins de la photo certainement, les brins de paille bien visibles et la partie tressée encore « ébouriffée », tandis que d’autres portent sous un bras des paquets de tresses débarrassées des extrémités des brins de paille qui dépassent. Ces tresses sont ainsi prêtes pour être cousues.

Industrie du chapeau de paille 1900 - photo 4 - Achats de tresses par les fabricants.

La carte postale ci-jointe est oblitérée de 1903 et est légendée «Marché de Puylaroque - Achat des tresses par les fabricants ».

 
Autant dire qu’elle a certainement été prise dans les années précédentes, donc autour de 1900. La fabrication du chapeau de paille avait déjà un long passé et la tresse du pays, celle de Pétronille Cantecor, la bergère qui fut à l’origine de cette industrie, ne jouait déjà plus qu’un second rôle. 


A l'origine, la confection de la paillole, c’est à dire de la tresse, était un accessoire des travaux des champs. Elle se pratiquait soit à la garde des troupeaux, soit à la veillée, et à proximité de Septfonds, dans une zone que jalonnent Lalbenque, Puylaroque, Caylus et Saint Antonin Noble Val. 


En fait, d’ après une étude réalisée en 1895, 1/10ème des tresses étaient fournies par la Suisse  (cantons de Wolhen et Argovie) et par l’Italie, précisément par la Toscane (Florence, Prato…). Mais surtout les 4/5èmes des tresses provenaient de l’Extrême orient : du Japon de Yokohama et Kobé, mais surtout de Chine, d’où elles sortaient par Tientsin, Tchéfou, Changhaï et Canton. D’ ailleurs, dans le langage commercial de Septfonds, les tresses de Chine s’appelaient les Cantons. Ces tresses n’arrivaient que par l’entremise du marché britannique. 


La Chine ! Déjà un grand réservoir de matière première !!! 


Cette carte postale, rappelant l’époque durant laquelle les fabricants Septfontois venaient eux-mêmes avec leurs voitures, acheter les tresses auprès des villageoises dans les villages voisins, commençait à appartenir au passé.

 
Pour Septfonds et son industrie des années 1900, la "modernité", puisqu' on ne parlait pas encore de "mondialisation" amenait déjà son lot de désagréments qui l’amèneront lentement mais inexorablement à sa perte.


Photo: coll personnelle JML - Editions Labouche Frères - Toulouse.. 

Industrie du chapeau de paille 1900 - photo 5 - Les acheteurs de tresses.

Carte postale des éditions Labouche Frères à Toulouse, qui a voyagé au début des années 1900, comme en témoignent, au dos, le cachet et le timbre de la poste.

 

Les manufactures fabriquaient les chapeaux, mais la matière première, la paille tressée, s’achetait le plus souvent dans les villages alentours. Ainsi, les tresses fabriquées à domicile étaient vendues lors de rencontres organisées pour cette occasion, mais aussi lors de marchés. 

 

Les acheteurs de tresses, commerciaux des temps anciens, parcouraient les villages et les campagnes en voitures hippomobiles telles que celle-ci, tirées par un ou plusieurs chevaux. 

 

C’était le principal moyen de transport jusqu'au xxe siècle. Ces voitures hippomobiles offraient une grande diversité d’utilisation : diligence ou coche de voyage, malle-poste du courrier et des dépêches, cab urbain, charrette des campagnes... C’est cette dernière utilisation qui permettait aux acheteurs de faire leurs achats en utilisant l’arrière du véhicule que l’on débâchait pour l’occasion afin d’effectuer les transactions.  

 

Mais très vite, le marché du chapeau prenant de l’ampleur, la production locale de tresses s’avéra vite insuffisante. Vint alors l’ère du commerce avec les pays étrangers, en même temps que l’arrivée progressive de l’automobile, et par là même la disparition progressive de l’hippomobile. 

Industrie du chapeau de paille 1900 - photo 10 - Blanchisserie et teinture des chapeaux et tresses.

Carte postale des éditions Labouche Frères à Toulouse, qui a voyagé au début des années 1900, comme en témoignent, au dos, le cachet et le timbre de la poste.

 

Les manufactures fabriquaient les chapeaux, mais la matière première, la paille tressée, s’achetait le plus souvent dans les villages alentours. Ainsi, les tresses fabriquées à domicile étaient vendues lors de rencontres organisées pour cette occasion, mais aussi lors de marchés. 

 

Les acheteurs de tresses, commerciaux des temps anciens, parcouraient les villages et les campagnes en voitures hippomobiles telles que celle-ci, tirées par un ou plusieurs chevaux. 

 

C’était le principal moyen de transport jusqu'au xxe siècle. Ces voitures hippomobiles offraient une grande diversité d’utilisation : diligence ou coche de voyage, malle-poste du courrier et des dépêches, cab urbain, charrette des campagnes... C’est cette dernière utilisation qui permettait aux acheteurs de faire leurs achats en utilisant l’arrière du véhicule que l’on débâchait pour l’occasion afin d’effectuer les transactions.  

 

Mais très vite, le marché du chapeau prenant de l’ampleur, la production locale de tresses s’avéra vite insuffisante. Vint alors l’ère du commerce avec les pays étrangers, en même temps que l’arrivée progressive de l’automobile, et par là même la disparition progressive de l’hippomobile. 

La grande famille de la manufacture Gaillard - 1

La grande famille de la manufacture Gaillard dans les années 1900. Ouvrières, ouvriers, commerciaux, secrétaires et patrons semblent se mélanger pour l' occasion de la photo.

Comme un air de Germinal à la Septfontoise...

 

La dame à la chevelure presque blonde, au premier rang, sous le monsieur en costume, cravate et fine moustache, c’est mon arrière grand-mère, Félicité Déjean, née le 22 novembre 1868 au lieu dit Burg à Caylus. 

 

Photos : tirées de la boite à souvenir d' une famille de Septfonds. Non datée précisément.

La grande famille de la manufacture Gaillard - 2

La jeune fille en bas à droite s’appelle Albertine Guiral. Elle était la sœur de mon grand-père Albert, coiffeur à Septfonds. Albertine n’aura vécu que 22 ans. Elle était née le 24 août 1896 à Septfonds et est décédée le 11 novembre 1918,  jour de l’armistice, dans la maison familiale du quartier de Thoumassou à Septfonds.


Elle fut, hélas, l’une des innombrables victimes de la grippe dite « espagnole ».


Sur sa droite, la chevelure presque blonde, c’est sa mère, mon arrière grand-mère, Félicité Déjean, née le 22 novembre 1868 au lieu dit Burg à Caylus.


Toutes deux travaillaient à la manufacture Gaillard. Ce jour là, elles posaient avec le groupe d’ouvrières.

 
La photo ne peut être datée avec précision, mais, compte tenu de l’année de décès de la jeune Albertine, nous savons qu’elle est antérieure à 1918.

 

Photos : tirées de la boite à souvenir familiale Non datée précisément.