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Facebook : Jean-Marc Labarta et Camp de Septfonds - Tarn et Garonne. 1939 1945

Dernières publications : 

18/01/2022 : Page "Dieudonné Costes" - Costes et la publicité.

19/01/2022 : Page "Patrimoine Quercynois..." - Espinas (82) : Le poulailler-porcherie du hameau de Saint Amans.

20/01/2022 : Page "Au fil du temps..." - Le monument aux morts de Septfonds..  

SEPTFONDS

Un village du Bas-Quercy en Tarn-et-Garonne, ancienne bastide du XIIIème siècle.

Des vies, des histoires, un patrimoine riche... 

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Espinas (82) : Le poulailler-porcherie du hameau de Saint Amans.

De loin, on croirait voir une maison en miniature, orientée vers le soleil levant, de forme rectangulaire, d’environ 5 mètres X 4 mètres, et d’environ 4 mètres de hauteur, du sol au faîte du toit. 
Elle est construite en pierres calcaires équarries, certainement des pierres du pays. Son toit à deux pentes est recouvert de tuile canal. Il est intéressant de noter qu’elle est construite dans les mêmes matériaux que la maison d’habitation, la grange et les dépendances voisines.
Un arbre judicieusement planté à gauche, permet de préserver le bâtiment du soleil, pendant les heures les plus chaudes des après-midi d’été.
Mais sur le devant de la bâtisse, la présence d’une volière, cet enclos prenant appui contre la façade, entièrement grillagée sur les trois côtés ainsi que sur le dessus, et uniquement accessible par une porte également grillagée, interroge. 
Par chance, le propriétaire du lieu est là, en train de bricoler son motoculteur, et très aimablement, il me donne de précieux renseignements ….
Ce beau petit bâtiment est un poulailler-porcherie construit « il y a plus de 100 ans ». Le poulailler étant, bien évidemment, situé au premier niveau. La façade  présente deux portes car il y a deux compartiments à cochons à l’intérieur. Quant à la troisième ouverture centrale sous le toit, elle n’a pas de porte mais la présence de gongs sur le jambage de gauche prouve bien qu’il y en avait une à l’origine. C’était l’accès au poulailler, non pour les poules, mais pour les fermières et fermiers.  
On remarque également sur la droite, à mi hauteur, une petite ouverture avec une pierre servant de reposoir. Elle a été bouchée par des pierres. On l’appelle « la poulière ». Elle était située en hauteur afin de protéger les volailles des prédateurs tels que les renards ou les rongeurs. Les poules y accédaient par une planche avec tasseaux qui faisait office de rampe ou par une échelle retirée la nuit pour éviter les intrusions.


Cette ouverture servait également de trappe d’aération permettant de dégager les odeurs d’ammoniac dégagées par les fientes, afin de protéger le système respiratoire des poules (et le nôtre aussi !). Enfin, autre utilité de cette ouverture : son orientation au soleil levant afin que les poules, attirées par la lumière, sortent plus facilement le matin. 


En faisant le tour du petit bâtiment, on découvre une même petite lucarne avec sa pierre d’accès, à mi-hauteur sur le côté gauche. Les autres faces sont dépourvues de toute ouverture.


La volière quant à elle était optionnelle. Elle était placée pour empêcher la volaille de partir trop loin tout en ayant un extérieur, et présentait également l’avantage de protéger un peu plus contre les prédateurs tels que renard et rapaces un peu trop gourmands. Dans ce cas, on obstruait volontairement les poulières qui ne donnaient pas directement dans la volière.  


C’est donc un beau petit bâtiment plein d’intérêt. Dans son cas, il y a fort longtemps qu’il n’a plus qu’un intérêt décoratif et patrimonial.  Son état général est remarquable compte tenu de son âge et du fait qu’il n’a jamais été remanié. A n’en pas douter, c’est certainement un gage de grande qualité dans sa conception et sa construction.


Photo JML (17/01/2022) - Canon EOS 100 D.

Lapenche (82) : Le temps de la boulangerie et de ses boulangers.

C' est l’histoire d’un moulin implanté sur une dérivation du ruisseau du Candé, à l'aval du village. Il aurait été construit en 1733 à l’initiative de Paul S, si l’on se réfère à la date portée sur le linteau d’une porte et à des témoignages oraux. Mais certains indices trouvés par des spécialistes, indiqueraient la présence d’un moulin hydraulique médiéval, de ce fait beaucoup plus ancien. 


Début 1900, il change de propriétaire à deux reprises. Après quelques transformations, (il est fait état d’une maison, d’un moulin et d’une boulangerie avec son four, puis dans un deuxième temps d’un magasin, d’un garage et d’un hangar à bois), il sert à la mouture des grains. 


L’histoire de la boulangerie de Lapenche est lancée. Le moulin devient l’un des plus importants moulins de la commune avec, à l’époque, trois paires de meules. La boulangerie gagne une bonne réputation qui perdurera durant plusieurs décennies, sous la direction de la famille du créateur qui redevient propriétaire du lieu.  


La photo montre le patron, Mr Soupa.,  au premier plan et son employé, Ernest Lagane de Septfonds. Ce sont les derniers boulangers de Lapenche, le four s'étant éteint définitivement il y a une quarantaine d' années. Une photo qui n’est pas sans rappeler le célèbre Aimable Castanier, le boulanger de Marcel Pagnol qui n'a pas son pareil pour faire du bon pain. Aimable, avec son « marcel » et sa chevelure enfarinée…  Ça sent bon le pain chaud, le pain croustillant, la chaleur du four. Toute une époque !!!  


Et pour les septiques, la preuve que l' on peut être à la fois "au four et au moulin" 😉  


Photo : coll personnelle.
Infos: cf - patrimoine.laregion

Saint Antonin Noble Val (82) : La lavande du hameau de Servanac.

Bien que plus proche de Septfonds, c’est un petit hameau, déjà attesté au XIIIème siècle comme une possession de Saint Antonin et dépendant du diocèse de Cahors. Un petit hameau isolé et situé dans le triangle Septfonds-Caylus-Saint Antonin, mais qui appartient à la vaste commune de Saint Antonin Noble Val. Son nom : « Servanac » proviendrait du latin « servanacum » : serviteur…

 

Un « petit hameau » dis-je, mais bien que sa population soit maintenant fortement réduite (on parlait de 175 habitants dans les années 1980), force est de constater qu’il comptait environ 850 habitants lors d’un recensement de 1848. Son titre de « paroisse » explique sans doute cela, d’autant que la paroisse voisine de Montpalach lui fut incorporée au début du XIXème siècle.

 

Le hameau est dominé par le clocher de son église dédiée à la Nativité de Notre-Dame, un édifice ruiné par les Calvinistes en 1567, mais reconstruit un peu plus tard. Et toujours sur un plan religieux, il y eut à Servanac, au XIXème siècle, une école de filles dirigée par les Sœurs de Vaylats (46).

 

Mais on ne peut évoquer Servanac sans parler de ses lavandiculteurs si nombreux au début du XXème siècle et présents partout dans le secteur. A ce sujet, dans les années 1930, les services agricoles du Tarn et Garonne estimèrent à 300 hectares les surfaces plantées dans le département, principalement autour des villages de Montaigu-du-Quercy et Saint-Antonin Noble Val, bien représenté grâce à ses champs de lavande surtout plantés sur le plateau de Servanac.

 

On est bien loin maintenant de cette époque. Seuls quelques champs laissés quasiment à l’abandon témoignent encore, par-ci, par-là, de cette activité qui a fait la renommée du hameau. Et de nos jours, même si la production a cessé, la « Fête de la lavande » rappelle tous les étés cette époque durant laquelle ça sentait bon la lavande dans tous les champs environnants.

 

Et à propos de cette fête annuelle, certaines et certains ont peut être encore dans leur entourage, suite à une élection champêtre qui se renouvela durant quelques années… peut-être quelques décennies…, une « Miss Lavande ». Qui sait !

 

La photo ci-jointe montre un des derniers champs de lavande que l'on peut encore rencontrer sur le plateau de Servanac. Un des derniers vestiges d'une époque révolue mais encore présente dans bien des esprits.

 

Photos : JML (06/06/2021) - Canon EOS 100D 18-135 mm
Texte : JML
Sources : Chanoine P. Gayne – Dictionnaire des Paroisses. Annales de l'I.N.A. 1876-1970. Voir moins

Lugagnac (46) : la pendule monumentale.

Heureusement, il reste encore dans nos campagnes des petites églises ouvertes. Il est vrai que les vols du patrimoine religieux, de plus en plus fréquents dans ces édifices, amènent à la prudence, d' où un nombre d églises de plus en plus souvent fermées. C' est donc à la fois normal et regrettable. 


Sous le porche de l'église de Lugagnac, cette ancienne horloge et son mécanisme ont été restaurés et conservés, placés en hauteur, solidement ancrés dans le mur de pierre.


A partir des années 1850-60, on a vu l' intérieur des édifices publics (mairies, écoles, églises le plus souvent) s'équiper de ces superbes mécanismes qui, pour beaucoup étaient fabriqués dans le Jura, notamment à Morez, avec des maisons jadis célèbres comme Odobey, Cretin-L'Ange, Bailly-Comte... Les cadrans extérieurs, quant à eux, étaient souvent des productions locales, comme ici.


Dans les années 1970, avec le "tout-électrique", on a, quasiment partout, déposé ces mécanismes dont on remontait les poids à la manivelle, et bon nombre mal conservés, ont été perdus, ou pire... jetés. 


Lugagnac, comme Septfonds d' ailleurs, ont sauvé, restauré et conservé ce petit patrimoine qui a rythmé la vie des villages pendant plus d' un siècle. Et c'est très bien ainsi.


Sur la photo, on aperçoit la manivelle et les cordes (ici remplacées par des fils d' acier) qui descendent. Au bout, étaient suspendus les poids. En tirant vers le bas, ils faisaient fonctionner les rouages. L' un pour l' heure, l' autre pour la sonnerie. Il fallait les remonter en rembobinant les cordes en moyenne toutes les semaines.
Bon tic-tac (comme on dit dans le milieu de l' horlogerie) !


Photo JML (08/12/2019)

 Pierre Bayrou : le poète amoureux de Saint Antonin Noble Val

On le connait parce qu’on a donné son nom au collège de Saint Antonin Noble val, ville dans laquelle il est né le 31 août 1892. Ce fils d’instituteur a passé ses six premières années à Arnac, tout proche. Puis ce sera l’Ecole Primaire Supérieure de Beaumont de Lomagne, l’Ecole Normale d’ Instituteur de Montauban et l’École Normale Supérieure de Lettres de Saint-Cloud. Par la suite, après guerre 14-18 durant laquelle il sera blessé en 1915, profondément attaché à sa région, il passera, par choix, la majorité de sa carrière comme professeur à l'École Normale d'Instituteur de Montauban.

 

Il a tenu, dans la Gazette municipale de Saint-Antonin, une chronique en occitan « Per çò Nòstre » - « Chez nous ». A ce sujet, la Société des Amis du Vieux Saint-Antonin, a publié en 1985, un recueil de 112 pages en occitan et en Français de tout ce qui avait été imprimé dans cette gazette de mai 1971 à décembre 1978, préfacé par André Vignoles.

 

En 1941, il écrit « Solitudes d'Anglars - journal d'un promeneur », un livre de 152 pages avec une lettre-préface d'André Gide (1869-1951). Ce livre édité chez « Montauban, Imprimerie Coopérative » en tirage limité est vite épuisé. Si bien que les Editions Subervie (imprimerie de Subervie) à Rodez le rééditent en 1955. J’ai la chance d’avoir déniché un exemplaire de chaque édition. Jean Giono dit alors de lui : « je souhaite vivement que vous continuiez à écrire de la sorte ; vous n’aurez pas de lecteur plus attentif que moi ».

 

Le 27 octobre 1956 il achève son deuxième livre « Mes bergeries », livre de 138 pages édité en 1957, collection "le point sublime" également aux Editions Subervie à Rodez. Là aussi une deuxième édition en tirage limité sera faite en 1982. J’ai pu acquérir le livre avec n° d’impression : 13.

 

Enfin, en 1960, il reçoit le prix du journal intime pour son livre « Une année - journal 1959-1960 », préfacé par Jean Rostand. Ce livre de 152 pages achevé d’imprimer le 22 novembre 1960, toujours sur les presses de l’imprimerie Subervie à Rodez, dans la collection « les journaux intimes contemporains », a été tiré en 50 exemplaires. J’ai pu acheter le N° 46.

 

Refusant toute promotion professionnelle, Pierre Bayrou s'enracina dans sa terre natale; de cette terre, il savait les lieux, les grottes, les bergeries, les fleurs, les insectes, la vieille langue, les traditions rustiques et artisanales... Elle nourrira sa vie et son œuvre.

 

Lors d’une allocution prononcée en 1979 après son décès, il fut dit : « … sa naissance, en 1892, place des Capucins, dans la maison de son grand-père Andrieu, fera de lui un authentique Saint-Antoninois qu'il a été sans aucune défaillance. Il est né, il a vécu, il est mort à Saint-Antonin. C'est la marque suprême de sa fidélité entière à son pays, un pays qu'il aimait d'un amour immodéré - comme il disait parfois - un pays qu’il connaissait mieux que personne, un pays qu’il a fait connaître et aimer aux autres ».

 

Aimer Saint Antonin et sa région, c’est aimer Pierre Bayrou. Et réciproquement…

 

Texte : JML
Recherches biographiques : "Per çò Nòstre"
Photo montage : JML. 

 Saint Antonin Noble Val - Le temps des tanneurs

S’il est bien un vieux métier depuis la nuit des temps, c’est bien celui du travail du cuir. Mieux, la préparation des peaux et des cuirs est considérée comme un des arts les plus antiques. Le cuir est présent partout, sur les vieux monuments de l’histoire, dans les gravures de la littérature ancienne... Dans son livre « Nouvelle tannerie française » de 1856, Charles Knoderer rappelle que l’homme est souvent montré couvert de dépouilles d’animaux. Il cite Esaü dans la bible, Hercule dans la Fable, les héros d’Homère...

 

C’est pour cela que la fabrication du cuir est répandue partout et depuis toujours. Rien d’étonnant alors à ce que bon nombre de villes traversées par un cours d’eau n’aient leurs propres tanneries.

 

Tel est le cas pour Saint Antonin Noble Val qui alla même jusqu’à construire une déviation de la Bonnette, le cours d’eau qui traverse la ville et se jette dans l’Aveyron quelques centaines de mètres plus bas. Ainsi, dans le vieux St Antonin les anciennes tanneries sont encore en partie visibles le long de cette déviation. Des informations municipales disent que « la ville compta jusqu’ à neuf tanneries ». Mais sur la durée se nombre varia.

 

C’est ainsi que l’« Annuaire général du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration » de Firmin-Didot frères à Paris, de 1838, fait état de huit tanneurs. Ils avaient pour nom Barreau-Bosc, Cadène-Capin, Crantèle, Lacassagne, Miquel, Molinier dit Grimald, Roquefort, Serres… On trouve également des teinturiers, métier lié à la tannerie : Coste, Escorbiac… L’annuaire de 1856 lui, fait état de six tanneurs nommés Bosc père et fils, un autre Bosc, Capin frères, Marc, Pénavaire ainé, Pénavayre J. On y trouve également trois teinturiers, tous de la même famille Escorbiac.
Des noms qui résonnent peut-être encore aux oreilles de certains …

 

De source également municipale, la dernière tannerie cessa son activité en 1925. Fin d’une époque.

 

Recherches JML (04/04/2020) - Sources citées dans le texte.
Photo : Coll JML - Editions Poux - albi - non datée.

Les coiffes du Quercy (diaporama)

Collection de cartes postales dont je possède les originaux, en parfait état, éditées par le célèbre photographe de Montauban Achille Bouïs, qui fut également conservateur du Musée Ingres de 1889 jusqu'à sa mort en 1914.

 

Achille Bouïs avait réalisé, entre autre, une belle série de photos portant sur les vêtements typiques du Tarn et Garonne et du Bas-Quercy en particulier, et sur les diverses coiffes aussi bien féminines que masculines.

 

Concernant la coiffe, il s’agit là d’un des multiples modèles de coiffes portées partout en France mais avec des variantes régionales voir locales et même familiales au niveau de la conception et de l’ esthétisme. Ces coiffes étaient portées tous les jours à la maison, ou bien pour les grandes occasions. Mais il y avait toujours des normes bien observées : la coiffe devait enfermer toute la chevelure, serrée en chignon ou en tresses, ne laissant parfois apparaître, sur le front, que la naissance d’une raie médiane.

 

Et il ne faut pas oublier que seules les femmes « dévergondées » sortaient « en cheveux », et qu’il fallait une grande intimité familiale pour que la femme montre sa chevelure !!!

Le village médiéval de Belcastel (12) (diaporama)

Le village de Belcastel, en occitan Bèl Castèl… « Beau…Grand Château », s’est principalement construit sur la rive droite de la rivière Aveyron dans le département éponyme, sous son château du XIe siècle. Les maisons, serrées autour d’étroites ruelles, occupent le versant jusqu’à la rive de l’Aveyron.

 

A l’origine, au IXe siècle, le château n’était qu’une simple chapelle, qui devint une forteresse au XIe siècle. Durant la guerre de Cent Ans, il ne fut pas épargné par les troupes anglaises. Le bâtiment sera attaqué et occupé plusieurs fois durant le conflit. Remanié au XVe siècle, ruiné au XIXe siècle, à nouveau restauré au XXe siècle, il connut nombre de transformations et de propriétaires au cours des siècles. 
Tel qu’on le voit actuellement, il résulte de la volonté et de la vision de l’architecte Fernand Pouillon qui le restaura, pierre après pierre, dans les années 1970. Depuis 2005, il est la propriété de deux galeristes new-yorkais. Des manifestations culturelles, expositions, concerts et autres animations sont régulièrement organisés.

 

La famille Belcastel, premiers seigneurs de Belcastel, semble avoir été une famille très influente parmi les seigneurs du Rouergue.

 

Puis, au XVe siècle, un certain Alzias de Saunhac remanie la forteresse, celle que l’on peut voir aujourd’hui. Il fit aussi construire le pont qui enjambe l’Aveyron, constitué de 5 voutes en arc brisé, long de 56 mètres, et, sur l’autre rive de l’Aveyron, l’église Sainte Madeleine qui renferme en son sein son tombeau couvert d'un très beau gisant.

 

Les ruines du château ont été inscrites à l'inventaire des monuments historiques le 5 mars 1928 mais l'opération de restauration du château par Fernand Pouillon a eu pour effet de désinscrire le château de cet inventaire tandis que l'ensemble du site de Belcastel est, lui, resté inscrit.

 

Photos JML (29/07/2021) - Canon EOS 100D 18-135 mm

Le collège Pierre Darasse de Caussade (82)

Achetée dernièrement, cette carte postale des éditions APA, qui a voyagé en juillet 1959. On ne parlait pas encore de « Collège » mais de « Cours Complémentaire » pour qualifier ce nouveau groupe scolaire, flambant neuf, qui ouvrit à la rentrée 1956.


Pierre Darasse, maire de Caussade d’août 1944 jusqu’à son décès brutal en février 1949 fut à l'origine de ce projet. Un établissement dont le nom initialement prévu était « Jules Ferry ». 
Pierre Darasse ne verra donc jamais son projet se réaliser…

 

Il était né le 15 août 1888 à Caussade. Après avoir passé son baccalauréat série mathématiques au lycée Ingres à Montauban, il poursuivit ses études à l'école vétérinaire de Toulouse où il obtint le diplôme de médecin-vétérinaire.
Engagé volontaire à la grande guerre de 1914-1918, il participa aux opérations dans les Balkans. Suite à la démobilisation, il s'installa à Caussade où il exerça comme vétérinaire jusqu'à sa mort.

 

Républicain convaincu, il commença à participer à la vie publique en se présentant aux élections municipales en 1924, sous l'étiquette du « Cartel des gauches » impulsé par Édouard Herriot. Premier et seul élu radical-socialiste du conseil municipal de Caussade sous l'égide du Front populaire, il continua son action en participant activement à la résistance. 

 

Il fut nommé Maire de Caussade à la Libération (fin août 1944) par les Comités de la Résistance. Puis il sera réélu démocratiquement en mars 1947, mandat qu'il assura jusqu'à son décès.

 

Afin de commémorer son souvenir, son successeur Aimé Bonnaïs et son conseil municipal, décidèrent finalement le 29 janvier 1956, à l'unanimité, de donner le nom de « Pierre Darasse » au groupe scolaire dont il avait porté le projet.

 

Depuis lors, nous sommes nombreux, venu(e)s de tous les villages alentours, de toutes les campagnes environnantes, à avoir passé quelques années dans cet établissement qui a pris de l’ampleur au fil des décennies. Et il n’est pas rare de croiser ça et là d’anciens camarades de classe ou de collège. A chaque génération ses souvenirs.

 

Sources : Mémoires de Guerre

Les carrières de pierre de taille du Bas Quercy

De tous temps, l’homme  a utilisé la pierre pour construire des ouvrages. De l’antiquité à nos jours, ce matériau a largement prouvé qu’il alliait résistance au temps et esthétisme pour qui sait le travailler et le conserver. Des monuments de la Rome antique à nos édifices plus récents, chaque continent, chaque pays, chaque région, a su adapter son bâti à la présence bien souvent proche de la pierre, évitant ainsi tout transport difficile et couteux. Un bon sens qui a permis une harmonie et une intégration dans les paysages locaux naturellement renforcées. 

 

Pour  l’extraction, il a fallu ouvrir des carrières, bien souvent « à ciel ouvert » mais parfois  « souterraines ».  Notre région n’a pas dérogé à la règle. Les carrières de pierre ont représenté une part importante de l’activité économique du Bas - Quercy pendant de nombreuses décennies. Elles ont certainement connu leur apogée à la fin du XIXème - début du XXème siècle, période de grand dynamisme économique. 

 

Bon nombre d’ouvrages communaux, départementaux, ouvrages d’art ferroviaires ou fluviaux, encore présents de nos jours, ont été construits durant cette période prospère des deux premiers tiers de la IIIème République qui aura transformé le pays en profondeur et aura duré 70 ans de 1870 à 1940. 

 

Outre l’utilisation pour le bâtit local, la qualité de la pierre du Bas-Quercy a eu une réputation retentissante dans toute la région puisqu’elle a été utilisée pour bon nombre d’ouvrages toujours présents.

 

Voici, par ordre alphabétique des villages, un aperçu des carrières du Bas-Quercy à la fin du XIXème siècle. Je précise que ce répertoire est un arrêt sur image de la situation vers 1890. Dix ans avant ou dix ans après ces données n’étaient pas forcement les mêmes. Le monde évolue, se transforme et c’est tant mieux…

 

Les carrières de Bruniquel étaient au nombre de trois.

 

L’une se trouvait au lieu dit de Nivausel. La roche était expédiée depuis la gare de Bruniquel située à 3 km environ. C’était un calcaire compact, argileux et gréseux, gris, grisâtre ou gris roussâtre, bariolé de veines rousses, à grain fin, daté de l’aire jurassique. 

Cette pierre a été utilisée pour le Pont-canal de Moissac ; les ponts d’Albi et de St Sulpice ; les ponts de Mondoux sur la Garonne et de Reyniès sur le Tarn ; le ouvrages d’ art du chemin de fer de Cahors à Capdenac ; les stations de chemin de fer de Montauban à Figeac ; la manufacture des Tabacs de Toulouse ; les soubassements et les dallages de la banque de France, le château d’eau, les lycées de garçons et de jeunes filles, les couronnements des Quais Montmirail et Villebourbon, l’ église du quartier de Villenouvelle à Montauban ; les mairies d’ Aubin et de Decazeville dans l’Aveyron.

 

Dans la même commune, l’exploitant, monsieur Gasc exploitait la carrière du lieu dit Pech. 
Monsieur Senchet aîné exploitait la carrière du lieu dit Pexengrel dont les produits ont été employés aux casernes de Montauban, à la Manufacture des tabacs de Toulouse et aux ponts de chemin de fer de Montauban et d’Albias. Messieurs Senchet Jeune, Gasc, Briand et Pagès exploitaient également des carrières au même lieu dit.  
  
Les carrières de Caylus

 

Elles se trouvaient au lieu dit Christophoul situé en haut de la côte menant au camp militaire de Caylus, route à gauche après le site de Lacapelle – Livron. La roche était acheminée vers la gare de St Antonin pour être expédiée. La carrière était exploitée par Monsieur Bénech. C’était une carrière à ciel ouvert, de laquelle on extrayait un calcaire marneux, compact, jaune très clair ou grisâtre, à grain fin, sur un terrain de l’époque jurassique. 

 

Cette pierre de Caylus a été utilisée pour la construction pour le pont SNCF de Montauban ; une partie du pont d’Albias et les stations du chemin d fer de Montauban à Cahors ; ainsi que l’Ecole Normale de fille de Montauban.


Les carrières de Montpezat étaient au nombre de deux.


Une se trouvaient au lieu dit Auques et étaient exploitées par Monsieur Capot. La roche était acheminée depuis la gare de Montpezat située à 1 km. C’était une carrière dont la roche calcaire était qualifiée de compacte, gris clair quelque fois jaunâtre ou roussâtre, à grain fin, La datation remonte à l’aire jurassique également. 


La mairie de Montpezat a été construite avec cette roche (marches, soubassements et élévation) ; ainsi que les socles des stations, les bordures de trottoirs, les murs de soutènement et tunnels du chemin de fer de Montauban à Cahors. 
Monsieur Delon exploitait également une carrière au même endroit.

 

L’autre carrière de Montpezat était au lieu dit du Terre Blanc. Il y avait deux exploitants, Messieurs Goudal et Espéret. La roche était expédiée depuis la gare de Montpezat située à 4,5 km. C’était un calcaire blanc au grain assez fin datant de l’éocène qui marque le début de l’ère tertiaire.
L’église de Montpezat et l’église et le clocher de La Magdeleine sont construits avec cette pierre.

 

Les carrières de Saint Antonin Noble Val

 

Elles se trouvaient au lieu dit Gourgues. Les exploitants principaux étaient Messieurs Blanquefort et Delrieu. La gare d St Antonin, lieu d’expédition était située à 7 km. La roche était un calcaire gris clair, à grain très fin. Le terrain date du jurassique.  

 

Cette pierre a servi pour la construction de l’église de St Antonin ; pour les ponts sur la Bonnette et l’Aveyron à St Antonin ; pour le pont de Montauban du chemin de fer de Montauban à Figeac ; pour les ouvrages d’art du chemin de fer de Montauban à Figeac.

 

Les carrières de Septfonds

 

Elles se trouvaient au lieu dit Dardenne situé à 2 km du village sur l’axe Caussade - Septfonds, Il s’agissait de carrières desquelles on extrayait de la pierre calcaire d’une nature compacte, gris cendré ou roussâtre, à pâte très fine, sur un terrain datant du jurassique. Autour des années 1890, la carrière était exploitée par Monsieur Gayral qui expédiait la roche depuis la gare de Caussade située à 4,5 km.

 

Cette roche a été utilisée pour les écluses de Moissac, de Montauban et de Pommevic sur le canal latéral à la Garonne ; le pont sur le Tarn pour le chemin de fer de Montauban à Lexos ; le pont suspendu de Belleperche sur la Garonne ; le quai de Tounis à Toulouse (en bordure de Garonne, allant du Pont-Neuf, à l'angle de la Rue de Metz et du Quai de la Daurade, au Pont du halage de Tounis) ; les dalles de revêtement de la manufacture des Tabacs de Tonneins ; les soubassements des stations du chemin de fer de Montauban à Cahors ; le barrage de Lagarde sur le Tarn ; les contreforts de l’ église de Montpezat de Quercy ; le temple protestant de Caussade ; le château de Réalville. Toutes ces œuvres ont utilisé la pierre de Septfonds.  

 

Les carrières de Varen étaient au nombre de deux.


La carrière du lieu dit La baute était à environ 1 km de la gare de Lexos. Elle était exploitée par Monsieur Soulé. Cette pierre était un calcaire compact, noduleux, gris clair, roussâtre ou bleuâtre, à grain fin ou moyen. Le terrain datait du jurassique. 
La carrière du lieu dit l’Aguillou situé à 4 km de la gare de Lexos était également exploitée par Monsieur Soulé. C’était un calcaire compact, gris clair ou grisâtre, à grain fin. Le terrain datait également du jurassique. 

 

Cette roche a participé à la construction du Pont St Michel à Toulouse ; des ponts de Saint Waast et Lavaur et autres œuvres d’art du chemin de fer de Montauban à Castres.
Contrairement à toutes les autres carrières qui portaient l’appellation de leur village, la pierre de ces deux carrières était appelée « pierre de lexos.
 
Les carrières de Verfeil sur Seye

 

Elles se trouvaient au lieu dit Quercy. Le propriétaire était Monsieur  Hebrard. La roche, appelée également « pierre de Lexos » était expédiée depuis la gare du même nom, située à 4 km. C’était un calcaire gréseux, gris clair rougeâtre, au grain fin et sec, datant du Muschelkalk (ou calcaire coquillier) désignant une partie des strates du Trias moyen.

 

Les carrières de Verfeil ont permis la construction de l’église de Varen et des ponts de chemin de fer de Riols et de Pétras sur la ligne Montauban- Rodez. 

 

Notes personnelles :

 

Concernant le nom des carriers exploitants, il faut noter que la liste n’est pas exhaustive, la nomenclature changeant fréquemment.

 

L’indication des gares est là pour montrer la distance les séparant des carrières et la relative facilitée d’approvisionnement. 

 

Il est a noter que toutes ces carrières étaient de plein air, à ciel ouvert. Ceci est simplement dû au fait que la roche calcaire des causses du Quercy se trouve presque toujours en surface.

 

La gélivité de la pierre n’est pas indiquée car pour juger de celle-ci, il faut plutôt considérer les édifices où elles ont été employées, en appréciant l’influence des circonstances locales.  

Cf : Répertoire national des carrières de pierre de taille. Librairie Polytechnique Baudry et Cie – 1890.