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SEPTFONDS
Un village du Bas-Quercy en Tarn-et-Garonne, ancienne bastide du XIIIème siècle.
Des vies, des histoires, un patrimoine riche...
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Tarn et Garonne
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Septfonds a la particularité, qu’il partage avec d’autres villages, d’être né plusieurs fois.
Le site portait un nom avant même d’exister comme agglomération. Il est en effet question d’un témoin de donation qui s’appelle Warem de Septemfontem, dans le Cartulaire de Moissac en 1040-47. Il ne faut pas s’étonner qu’un toponyme (nom de lieu) précède la création d’un village, c’est le cas général. On ne sait évidemment rien sur ce lieu-dit, ni sur la famille de ce personnage dont le prénom paraît bien avoir une origine germanique, phénomène très fréquent dans notre région pendant le Haut Moyen Âge.
L’abbaye :
La présence de sources indiquée par le toponyme devait être un bon argument pour
s’installer dans ce lieu, puisque des moines cisterciens, venus de Cadouin en Périgord,
créèrent un monastère sur une terre appelée de Font Clare. Ces religieux ermites avaient
été appelés par le vicomte Adhémar de Bruniquel pour défricher et cultiver les domaines
qu’il possédait en ce lieu. Ces fils spirituels du Bienheureux Géraud de Salles (vitrail de
l'église Saint-Blaise ci-contre), de la colonie Cistercienne de Pontigny, en prirent
possession du 21 au 25 mars 1130.
Dès 1134, Beata Maria de Septemfontem est attestée dans une donation de l’abbaye de Saint Antonin. Il s’agit d’un petit oratoire destiné aux moines, mais on peut penser qu’une petite agglomération accompagna cette installation. Ainsi trouvons-nous dans les textes : ecclésia Septem fontibus (1146) ; habitatores de VII Foncium (1150) ; habitatores de Septemfontem (1159). Ce petit village se trouve situé là où sont aujourd’hui l’église Notre-Dame et le cimetière, à l’ouest de l’agglomération actuelle.
Les moines furent donc les premiers défricheurs de cette contrée. Sans tarder, les différents corps de métiers se formèrent à leur école, et diverses appellations de terres encore subsistant dans le voisinage, soit de la chapelle, soit de l’emplacement probable des anciens lieux réguliers, disent assez qu’un bourg se constitua là où aujourd’hui il n’y a plus que des terrains en culture ; c’étaient, par exemple, le camp del sastré (la terre du tailleur, couturier, faiseur d’habits, le fangal del Faouré (la mare voisine de la forge où l’on trempait et éteignait les fers forgés. Plus loin, et sur le ruisseau, la moulinièro rappelle la mouture des grains, avec son four banal. Malheureusement pour la petite cité, les moines décidèrent, quelques années plus tard, de changer de domicile et d’aller fonder le monastère de Saint Marcel, aujourd’hui dans la commune de Réalville (qui n’existait pas encore) vers 1160. L’oratoire de Septfonds prit même un certain temps le nom de Beata Maria Sancti Marcelli.
Notre village dut voir son expansion arrêtée par le départ des moines, puisque son nom n’apparaît plus dans les textes pendant près de cent ans. Malgré tout, la chapelle subsista. Une tradition affirme qu’elle fut rasée par les Albigeois, mais fut aussitôt relevée de ses ruines.
D’autres malheurs l’attendaient encore, notamment au 16ème siècle. Rebâtie entièrement au 17ème siècle, puis de nouveau en grande partie à la fin du 19ème siècle, cette chapelle est un édifice rustique de plan rectangulaire, couvert d’un plafond à lattis. Le mur de façade se couronne d’un clocher triangulaire ajouré d’une baie unique.
La bastide :
Vers 1260, Alphonse de Poitiers, devenu, après la Croisade des Albigeois, maître de la région au nom du Roi, décida d’attirer de nouveaux habitants dans des endroits déserts ou trop peu peuplés. Pour cela, il proposa des lots suivant un plan d’urbanisation et des droits pour ceux qui s’installeraient dans ces nouvelles cités, qui reçurent le nom de « bastides ». Certaines d’entre elles furent créées dans des lieux déserts, d’autres permirent d’assurer le développement d’agglomérations déjà existantes.
Pour Septfonds, Alphonse de Poitiers prévoyait 60 à 80 îlots, situés à l’est de Notre-Dame. Seulement dix furent construits entre 1260 et 1269, autour de la place, avec une halle et une maison commune. La disposition en damier se perçoit encore très nettement au centre du village actuel. Elle s’est même étendue à la périphérie ; la route qui mène de Caussade vers le Massif Central en a limité l’expansion du côté sud.
La bastide apparut immédiatement dans les écrits : bastida de Septem Fontibus (1260) ; bastide nove Septem Foncius (1268) ; bastida de Septem Fontibus (1272). La charte de coutumes fut concédée aux habitants en 1270. L’organisation de la cité se matérialisa ensuite par des institutions élues : los cosols de Setfonc (1326) ; los cossols de Setfons (1362). Remarquons que l’occitan se substitue au latin lorsqu’il s’agit de textes destinés aux habitants.
Au XIVe siècle, on construisit une enceinte fortifiée avec neuf tours et un fossé et une église située à l’intérieur des murailles, dédiée à saint Blaise.
Le nom de Septfonds :
Précisons, avant de parler du toponyme (nom de lieu) de Septfonds, qu’il a nécessairement été créé en occitan, seule langue usitée et connue de la population à cette époque. Le latin, langue officielle de l’Eglise, était utilisé seulement à l’écrit et pratiqué seulement par des clercs qui en avaient fait leur langue universelle. Il devait être remplacé par le français dans les écrits officiels à partir du XVIe siècle.
Pour ce qui est de l’usage oral, l’occitan est resté la seule langue dans notre région jusqu’au XIXe siècle et n’a été remplacé véritablement par le français qu’au XXe siècle. Il est donc hors de propos de se référer à la langue française pour les noms de nos villages, qui ont tous été créés entre le Ier siècle et le XIIIe siècle, donc à une période où le français était une langue étrangère.
Avant le village :
Les attestations anciennes :
Le nom du village est cité dès la création de la première agglomération, qui s’établit autour du monastère initial. Nous trouvons la petite église Beata Maria de Septemfontem dans une donation de l’abbaye de Saint Antonin, dès 1134, puis ecclésia Septem fontibus (1146) ; habitatores de VII Foncium (1150) ; habitatores de Septemfontem (1159). Après une interruption de près d’un siècle, Septfonds réapparaît dans les textes en tant que bastide : bastida de Septem Fontibus (1260) ; bastide nove Septem Foncius (1268) ; bastida de Septem Fontibus (1272). L’organisation de la cité se manifeste ensuite : los cosols de Setfonc (1326) ; los cossols de Setfons (1362). Remarquons que l’occitan se substitue au latin lorsqu’il s’agit de textes destinés aux habitants. Il apparaît d’autre part que le toponyme est composé de deux mots, souvent séparés : sept et font.
Les fonts :
Nous pouvons constater que le deuxième élément a reçu au cours des siècles des orthographes diverses : fontem, fontes, foncium, fons, fonc, etc. Mais toutes, dès le début et pendant près de mille ans, se réfèrent à la même origine : l’occitan font, issu du latin fontem "source, fontaine". Il ne faut pas s’en étonner : les sources constituaient une richesse incontestable à cette époque-là et les noms de lieux qui se réfèrent à des fonts dans notre région sont extrêmement nombreux ; ils sont accompagnés de déterminants de toutes sortes, destinés à les distinguer les uns des autres. Nous trouvons des Bonafont « bonne » ; Fontnova « nouvelle » ; Fontvièlha « ancienne » ; Fontclara « claire » ; Fontlonga « longue »; etc.
La graphie actuelle, avec fonds, est due à la francisation des toponymes, qui s’est effectuée récemment. La forme Setfons est encore utilisée dans les cartes « françaises » de Cassini, au début du XIXe siècle. Comme le mot font n’existe pas en français, on l’a remplacé par fonds, issu du latin fundus, qui n’a évidemment aucun rapport avec le terme originel. Rappelons en outre que fundus, qui signifiait "domaine" en latin classique, n’avait plus du tout ce sens-là au Moyen Âge !
Le chiffre Sept :
Pour notre village, le déterminant de font est un chiffre : l’occitan sèt issu du latin septem. Quel est le sens véritable de ce chiffre ? Il est bien entendu vain de rechercher un nombre de sources égal à sept sur le territoire actuel de la commune. Les limites du lieu-dit ainsi nommé nous sont totalement inconnues, et étaient sans aucun doute très différentes de celles du Septfonds d’aujourd’hui.
En revanche, dans les toponymes, certains chiffres apparaissent fréquemment et d’autres jamais. Ainsi, le sept se retrouve dans un nombre considérable de toponymes, alors que le six, le huit, le cinq ou le neuf sont pratiquement inusités. Il faut se rendre à l’évidence : sept est le chiffre biblique, qui accompagne les jours de la semaine, les plaies d’Egypte, les péchés capitaux. Son caractère sacré dans la civilisation chrétienne donnait aux lieux une valeur propice à attirer les bienfaits de Dieu et à le remercier de sa générosité, surtout lorsqu’il s’agissait d’éléments naturels aussi précieux que l’eau. Ce caractère sacré s’étendait d’ailleurs à d’autres civilisations : les sept sages de la Grèce, les sept collines de Rome, les sept merveilles du monde, etc.